CCMMEP : Des annonces sans cap pour le privé sous contrat
Lors du premier CCMMEP (Comité consultatif ministériel des maîtres de l'enseignement privé sous contrat ) de l’année, la Fep-CFDT a formulé des vœux exigeants. Mais le climat politique et budgétaire étant incertain, les réponses apportées n’ont pas été à la hauteur des attentes.
Ce 28 janvier 2026, la Fep-CFDT a demandé un réel changement de choix politiques pour l’Éducation nationale, un dialogue social renforcé et une priorité enfin assumée de la qualité de vie et des conditions de travail. Or ce CCMMEP s’est ouvert dans le climat politico-budgétaire que l’on sait. Et, comme trop souvent, ce sont les personnels en qui paient l’addition en se trouvant confrontés à l’incertitude, la précarité, la fatigue, les carrières bloquées. La Fep-CFDT ne se contentera pas de “points d’attention”, elle exige des prises de décisions claires et raisonnées.
La dégradation des conditions de travail
Le panorama statistique rappelle une réalité : seuls 17% des élèves sont scolarisés dans l’enseignement privé sous contrat, or dans le premier degré, les classes y sont plus chargées que dans le public. La baisse démographique aurait dû être l’occasion d’améliorer cette situation…
Le panorama révèle aussi une hausse des temps partiels thérapeutiques des enseignants, véritable signal d’alarme. Il est urgent de prévenir l’usure professionnelle et d’alléger leur charge de travail.
Et malgré ces détériorations de la situation, il est tristement notable que le privé sous contrat ne dispose toujours pas d’un accord sur la Qualité de vie et des conditions de travail (QVCT), ni même d’une convention égalité professionnelle comme c’est le cas dans l’enseignement public. La Fep-CFDT exige la transposition pleine et entière de ces accords pour les personnels du privé sous contrat. L’État-employeur doit passer du constat à l’engagement.
Des carrières professionnelles incertaines
La moitié des changements d’ECR (Échelle de rémunération) ont été refusés, preuve d’un problème d’information et d’accompagnement. Il en est de même pour les trop nombreux refus de ruptures conventionnelles dont les demandes sont souvent le symptôme d’un mal-être profond.
Concernant les Maîtres délégués, le ministère demande de ne pas fractionner les contrats “quand c’est possible” et annonce une enquête. La Fep-CFDT attend des consignes opposables, des moyens réservés aux suppléances réellement évaluées, et un bilan public académie par académie.
Pour une meilleure protection sociale
La Fep-CFDT continue à exiger de meilleures garanties concernant la mutuelle obligatoire (lire ICI). Et pus précisément, elle demande que les collègues d’Alsace-Moselle comme les retraités soient mieux informés sur leurs régimes spécifiques.
Au niveau de la prévoyance, de grandes incertitudes demeurent. En effet, la prévoyance obligatoire des enseignants du privé, payée par les établissements, pourrait disparaître en décembre 2026 (à lire ICI). Si tel était le cas, les enseignants auraient la possibilité d’adhérer à la prévoyance facultative de l’État, mais devraient alors subir un questionnaire de santé à l’inscription, démarche qui pourrait faire fluctuer la prime en fonction des réponses apportées. Afin d’éviter que les collègues ne soient placés dans une situation de choix contrainte, la Fep-CFDT demandons au ministère une dérogation à ce questionnaire. La Fep-CFDT demande ainsi un engagement clair et écrit : la protection sociale complémentaire ne peut pas reposer sur l’incertitude (à lire ICI).
Enfin, la Fep-CFDT lance une alerte sur le CLD (Congé de longue durée) car celui-ci n’engendre plus la protection du poste. La Fep-CFDT le dit fermement : une longue maladie ne doit jamais fragiliser la situation professionnelle. Il faut des garanties réelles de réaffectation et un accompagnement effectif.
Réforme de la formation initiale et concours : stop à l’improvisation
Pour mémoire, la CFDT a voté contre le projet de décret sur la formation initiale en raison de son incertitude et de l’absence de garantie.
En effet, même si la Fep-CFDT note que les deux années de formation compteraient pour la retraite, elle regrette que des postes ne soient pas pourvus y compris lorsque des listes complémentaires existent. La Fep-CFDT demande aussi que l’expérience professionnelle soit enfin reconnue ; ceci étant, à quoi bon valoriser l’expérience si des postes vacants sont laissés vacants ?
De plus, la réforme plonge étudiant–e–s et futur–e–s candidat–e–s dans une insécurité inacceptable, processus destructeur pour l’attractivité. Enfin, le ministère remplace le fast Track par un concours interne spécial. Des garanties concrètes et non des dispositifs sans cesse mouvants sont attendus.
Ainsi, la Fep-CFDT continuera à porter des propositions constructives, mais avec une exigence : des actes. Le système éducatif ne peut plus fonctionner avec des incertitudes, des protections fragilisées et une QVCT renvoyée à plus tard. Les personnels méritent mieux : des droits, des moyens et du respect.
Sur la photo de gauche à droite : Jessica Bertrand, Sébastien Pillias, Valérie Ginet, Nadia Claës-Beck, Damien Gillot