Concours général au collège : zéro pointé pour le ministre
À l’instar du lycée, le ministre a décidé de mettre en place un « concours général » au collège pour la rentrée 2026. Sans moyen ni dialogue social préalable, cette décision questionne la Fep-CFDT sur les intentions réelles du ministre. Elle semble révéler une vision de l’école empreinte d’élitisme et inspirée d’un autre temps. Or, l’institution a surtout besoin de moyens humains accrus et d’une meilleure reconnaissance des personnels, alors même que les suppressions de postes ne font que débuter.
Un dispositif passéiste
Le concours général sera mis en place au collège dès la rentrée 2026. Il s’adresse aux élèves volontaires de 3ème. Chaque établissement pourra inscrire jusqu’à 10 % de ses effectifs, dans la stricte parité. Les élèves ne pourront opter que pour une seule épreuve individuelle parmi les mathématiques et sciences, le français et culture générale, l’histoire-géographie, les arts plastiques, l’Informatique et technologies d'avenir. La première session de déroulera en janvier 2027 pour une proclamation des résultats avec une cérémonie de récompense au printemps.
Zéro dialogue social
Le ministre l’avait pourtant annoncé devant toutes les organisations syndicales en décembre dernier : il n’y aura pas d’annonce dans la presse avant toute discussion avec les enseignants. L’engagement n’est pas honoré. De plus, il avait précisé qu’il souhaitait améliorer les réformes en cours sans en créer d’autres, tout en protégeant ses personnels (à lire ICI). C’est encore manqué. Enfin, si des consultations auront bien lieu – mais elles sont obligatoires – il faut rappeler que ni les syndicats comme la Fep-CFDT, ni les enseignants qu’ils représentent ne sont demandeurs d’une telle réforme, mais réclament des moyens fléchés ailleurs.
Zéro moyen
Ces annonces dans un climat de suppression de postes déconcertent. La Fep-CFDT avait pourtant demandé que la baisse démographique permette de réduire le nombre d’élèves par classe. Il n’en sera rien. Ce nouveau dispositif va cependant dégrader les conditions de travail. Rien n’est mis en place dans le budget pour rémunérer les enseignantes et les enseignants qui devront, bénévolement, préparer dès la rentrée les élèves à ce concours. De même, il n’existe aucune visibilité sur le surcoût de travail que ce nouveau dispositif engendre : gestion des inscriptions, création des sujets, mise en place d’une session d’examen, surveillances, corrections, cérémonie… À l’heure des budgets contraints, d’autres choix auraient dû être fait dans l’intérêt des tous les élèves et du service public d’éducation.
Zéro de conduite
Dans un même temps, le ministre annonce à l’avance "une chute assez drastique du taux de réussite" au Diplôme national du brevet (DNB) en raison des nouvelles modalités. En effet, pour la session 2026, l'examen final passe de 50 à 60% de la note finale et le contrôle continu ne prend désormais en compte que les notes de 3e, et non plus la maîtrise du socle commun de connaissances, de compétences et de culture sur l'ensemble du cycle 4 (5ème, 4ème, 3ème). "On aura peut-être 75% de réussite au brevet avec beaucoup moins de mentions" a affirmé le ministre.
Si la fin des groupes de niveaux obligatoires (à lire ICI) pouvait laisser présager la fin du chaotique « Choc des savoirs » sous l’impulsion du ministre, cette nouvelle mesure s’ajoute malheureusement aux programmes toujours injonctifs malgré nos nombreuses alertes (à lire ICI et ICI)
La mise en place du concours général véhicule l’idée d’une école à deux vitesses, où la compétition entre élèves s’intensifie, dans un contexte déjà marqué par une dégradation de la santé mentale. Si certains pouvaient encore hésiter entre deux orientations politiques, le ministre se révèle clairement ici en choisissant l’inscription dans la continuité de la politique macroniste en matière d’éducation. CQFD.