Fep-CFDT - Déclaration CSE 26 mars 2026
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Jeudi 26 mars 2026 s’est tenu un Conseil supérieur de l’éducation fleuve. Entre autres, ont été abordés les nouveaux programmes de maternelle, mais aussi ceux d’histoire-géographie et d’EPS des cycles 2 et 3. La Fep-CFDT a alerté le ministère sur la surcharge de travail que représente la mise en œuvre de ces programmes, risquant de mettre en souffrance les enseignantes et enseignants, qui n’auront pas le temps de s’y former et qui devront appliquer des référentiels injonctifs débarrassés du socle commun. La Fep-CFDT fut, une fois de plus, le seul syndicat du privé à intervenir sur le sujet au ministère.
Sur la photo, de gauche à droite : Damien Gillot – Judith Volcot – Alexis Guitton
La Fep-CFDT s’est adressée clairement au ministère. En effet, les collègues ressentent actuellement une très grande appréhension et un niveau de stress très élevé pour la rentrée prochaine. En cause : des suppressions de postes déraisonnables que nous dénonçons, des nouveaux programmes et des réformes annoncés selon un calendrier et des conditions intenables :
- ainsi, les collègues de maternelle reçoivent encore des nouveaux programmes, après ceux de la dernière rentrée scolaire ;
- il en est de même pour les autres collègues du primaire. Celles et ceux qui ont des classes de début de cycle (CP et CE2) risquent de devoir revoir l’ensemble des référentiels nouveaux ;
- les enseignants du secondaire ne sont pas en reste : outre des nouveaux programmes, des dispositifs changent encore pour le lycée professionnel.
S’ajoutent des incertitudes sur la date d’application de ces changements.
Tout cela dégrade fortement les conditions de travail et la qualité du service public d’éducation, et ces dégradations sont encore accentuées par :
- des publications tardives des programmes qui s’annoncent ;
- leur contenu qui reste dense et injonctif portant une nouvelle fois atteinte à la liberté pédagogique et donc au cœur du métier ;
- des documents d’accompagnement qui risquent de sortir tardivement ;
- l’absence de manuels ou d’outils adaptés ;
- des formations nécessaires qui ne viendront pas, ou trop tardivement ;
- des préparations de cours chronophages avec des concertations en équipe qui ne pourront se mettre en place correctement faute de temps ;
- un socle commun absent, et qui, dans la pratique, remet en cause l’approche par compétences.
Aussi, afin de ne pas alourdir la rentrée prochaine qui promet déjà d'être suffisamment difficile, afin d'épargner de la fatigue supplémentaire aux collègues qui risquent d'être rapidement épuisés et surtout démotivés, la Fep-CFDT demande la suspension de tous ces nouveaux programmes pour prendre le temps de la co-construction.
En parallèle, la Fep-CFDT a participé à un vœu intersyndical et en a proposé un second sur l’ensemble de ces thématiques. Ce fut la seule organisation syndicale à agir sur les programmes.
Concernant les programmes du primaire, la Fep-CFDT et des syndicats du public (CFDT Education Formation Recherche Publiques, FSU, Sud, Unsa, CGT) demandent un moratoire d’un an pour tous les programmes du primaire prévus pour la rentrée 2026.
La Fep-CFDT a aussi été à l’initiative d’un vœu intersyndical, rejointe par deux organisations syndicales du public (CFDT Education Formation Recherche Publiques et Unsa). Elle a demandé le retrait des programmes de l’ordre du jour de ce CSE et la mise en place de groupes de travail pour élaborer avec l’administration et les syndicats des projets réalistes, réalisables, s’appuyant sur le socle commun de connaissances, de compétences et de culture. Elle visait spécialement les programmes d’histoire-géographie, estimant qu’il est incohérent de valider des programmes de 6e sans les travailler avec ceux du cycle 4 (à lire ICI).
La Fep-CFDT attire votre attention sur la mise en souffrance des enseignantes et des enseignants que tous les nouveaux programmes et dispositifs engendrent.