Des nouveaux programmes à l’ancienne en histoire-géographie

  • Nos audiences Éducation nationale

Mercredi 4 février 2026, parmi les syndicats auditionnés sur les programmes d’histoire et géographie du CP à la 6e, la Fep-CFDT, seul syndicat du privé présent, a souligné les nombreuses défaillances sur les textes proposés comme sur la méthode utilisée. Elle a aussi fait des propositions concrètes pour améliorer les programmes du primaire et de tout le collège, dans l’intérêt des collègues et de la discipline.

Ces projets seront présentés au Conseil supérieur de l’éducation en mars prochain, pour être supposément appliqués à la rentrée 2026 mais sans confirmation possible de la Dgesco. Quant à l’ensemble des collègues, le temps de leur consultation en ligne, du 19 janvier au 6 février, est très limité. La Fep-CFDT a souligné à l’administration que cette précipitation est d’autant plus insupportable que le contenu des programmes est selon elle, à revoir.

 

Copie à revoir

La Fep-CFDT souligne que les programmes sont trop ambitieux. En primaire, trop de thèmes sont à aborder, ce qui privilégie les élèves qui ont déjà un bagage culturel. L’ensemble ne peut qu’être survolé, ce qui ne permettra pas l’appropriation, alors même que les collègues peinent déjà à finir le programme.

Le contenu est encyclopédique. Les compétences transversales ont disparu. Cela ne correspond ni aux pratiques ni aux réalités des collègues. On croirait les anciens programmes, très cadrés, laissant peu de marges pour l’enseignant. On retrouve des points de vigilance qui demandent notamment aux collègues de « varier les approches pédagogiques » : c’est infantilisant. On n’a pas besoin de dire aux collègues ce qu’est le cœur de leur métier, et en plus le programme n’en donne guère la possibilité.

Quant au contenu concret, il interroge. Par exemple, on parle du terme « développement durable » sans parler de transition ou d’autres termes. Les femmes sont oubliées sur l’ensemble des thèmes proposés. L’ensemble n’est ni contextualisé, ni spatialisé. Et que dire de la disparition de Rome en 6e alors qu’on parle pour ce même niveau, de romanisation dans l’étude des celtes proposée en 8 heures ? Que dire de l’étude des débuts du judaïsme, mélangée et survolée avec la Mésopotamie ? Que dire des 10 heures proposées en 6e sur Ramsès ? Que dire du retour de l’approche continentale en géographie de 5e ?  Que dire du programme de 4e qui va du XVIe siècle à la fin de la Première Guerre mondiale ?  Comment mettre correctement en œuvre sa liberté pédagogique ? Comment s’adapter aux élèves dans toutes ces conditions ?  La surcharge et l’approche à l’ancienne par les connaissances, et non les compétences, vont compromettre non seulement l’apprentissage mais aussi la motivation des élèves.

 

Les propositions de la Fep-CFDT

La Fep-CFDT propose de faire moins mais mieux, et de manière plus ciblée :

- en retirant les points de vigilances, redondants et infantilisants ;

en mettant en place trois nouveaux groupes de travail : sur le cycle 2, sur le CM, sur le collège ;

en revoyant le calendrier : les nouveaux programmes doivent être revus, et ne doivent pas être mis en œuvre dès la rentrée 2026. Il faut prendre le temps de travailler tous ensemble, car l’histoire-géographie constitue une discipline à fort enjeu social et politique.

 

Ces articles peuvent également vous intéresser

  • 2026-02-19 - AEF INFO - Prévoyance : une intersyndicale de l'enseignement privé lance une pétition pour sauver les négociations en cours

    Lire l'article
  • 2026-02-18 - ICI Alsace - La Fep-CFDT Alsace interrogée sur une formation laïcité qui inquiète

    Lire l'article