Vers une restructuration historique de Formiris
Remise en cause ministérielle de la convention, premiers retours injonctifs de la Cour des comptes dans un contexte défavorable à l’Enseignement privé : face à cette situation de crise aiguë, le Conseil fédéral de Formiris du jeudi 29 janvier 2026 avait la responsabilité d’adopter des décisions historiques, modifiant profondément la structure. Pour la Fep-CFDT, cette restructuration, aussi obligatoire que nécessaire, se révèle être l’opportunité de davantage de paritarisme, de respect des règles et de bonne utilisation des fonds publics. Néanmoins, la Fep-CFDT appelle à la plus grande vigilance : cette restructuration doit se faire en consultation avec les salariés, et doit préserver au maximum l’emploi.
Sur la photo, de gauche à droite : Judith Volcot, Thierno Diallo, Damien Gillot, Patricia Jouanneau.
Des transformations dès 2026
Formiris se réoriente vers les missions statutaires principales de l’association qui sont de former les enseignants - et non plus les chefs d’établissement, et de dispenser des formations ne relevant pas du caractère propre. Le conseil doit aussi se faire en direction principale des professeurs.
Le financement du projet DEFFINUM/EFFATA, qui formait les formateurs au numérique, ne sera pas prolongé de six mois comme demandé : la Cour des comptes confirme que ce projet ne relève pas du financement par Formiris mais de celui des Isfec, ce que la Fep-CFDT avait déjà affirmé (lire l’article).
Pour être conforme à la loi, un service Achats et Appels d'offres publics se met en place. Dorénavant, il y aura des appels d’offres avec une mise en concurrence des organismes de formation : les Isfec n’auront plus la priorité.
L’objectif est aussi de réduire drastiquement les budgets de fonctionnement trop élevés par rapport au budget de formation. D’une manière concrète, entre le 19 juin et le 31 août 2026, les 14 associations territoriales vont disparaître, remplacées par quatre régions en France hexagonale qui vont être créées. Les territoires ultra marins seront regroupés en une région.
De nouveaux statuts vont être mis en place.
La position de la Fep-CFDT
La Fep-CFDT est favorable au principe d’une restructuration, elle a émis des réserves sur la méthode utilisée. Pour elle, les salariés, par leurs représentants, auraient dû être prévenus avant les prises de décisions. Le Conseil fédéral aurait dû entendre leurs avis avant de voter des décisions. Aussi, la Fep-CFDT reste vigilante concernant l’emploi, et accompagnera les salariés si nécessaire.
La Fep-CFDT s’est aussi positionnée : la restructuration est une obligation, une nécessité, une opportunité.
Une obligation d’abord : Formiris ne peut rester en l’état, au regard des injonctions ministérielles et des premières recommandations de la Cour des comptes. La Fep-CFDT veut son maintien dans l’intérêt des enseignants. Formiris doit se transformer rapidement pour rester pérenne.
Une nécessité ensuite : La Fep-CFDT a relevé des dysfonctionnements touchant spécialement l’utilisation des fonds publics et la qualité de la formation. L’Enseignement privé sous contrat est en plus sous les feux des médias. C’est donc le bon moment pour améliorer le paritarisme et la proximité.
Une opportunité enfin : La Fep-CFDT, force de proposition, pense que c’est une opportunité pour que tous les partenaires construisent ensemble un projet dans l’intérêt exclusif des enseignants. C’est une opportunité aussi pour améliorer la qualité des formations tout au long de la vie, centrée exclusivement sur les compétences professionnelles et les recommandations ministérielles, afin de répondre au mieux aux besoins des collègues. Et c’est enfin une opportunité pour améliorer la qualité des cours, et donc la qualité du service public d’éducation et de l’Enseignement privé sous contrat auxquels la Fep-CFDT est attachée.
Nous rappelons que le modèle du paritarisme est le modèle de référence de la CFDT, inscrit dans la résolution de la Fep-CFDT. Nous en vivons l’expérience à Formiris : nous agissons de la façon la plus responsable possible, prompts à la négociation et au compromis, mais sans renoncer ni à notre intégrité, ni à notre probité sincère et forts de nos valeurs CFDT.