PISA : le bilan de la politique éducative de ces 10 dernières années

  • Système éducatif et réformes

Si les résultats Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) pour la France en sciences restent globalement stables et dans les moyennes de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), elles continuent cependant de se dégrader en français et en mathématiques. Ces résultats sont le bilan de 10 années de politique éducative macroniste que la Fep-CFDT ne cesse de dénoncer.

Au-delà des chiffres, ces résultats interrogent les choix opérés ces dernières années et leurs effets concrets sur les élèves comme sur les personnels. Ils mettent aussi en lumière des difficultés déjà connues : la persistance des inégalités sociales, la fragilisation des conditions d’apprentissage et l’instabilité des réformes. Pour la Fep-CFDT, ce bilan doit surtout ouvrir un débat sur les priorités à donner à l’école et sur les moyens de faire réussir tous les élèves.

Politiques macronistes : un bilan négatif

Réforme du lycée et « Bac Blanquer » revue et corrigée tous les ans ; réformes du lycée professionnel et son parcours en Y, avec des ajustements tous les ans ; « choc des savoirs » avec des rétropédalages, mais des mesures effectives ; changements en masse de programmes ; généralisation des évaluations nationales ; nouveau DNB (Diplôme national du brevet) … Ces réformes, fortement critiquées par la CFDT, n’ont pas eu les résultats escomptés, comme le confirment les résultats Pisa.

En outre, l’instabilité engendrée par cet amoncellement de réformes renforce encore la baisse de la qualité du service public d’éducation. Et comment ne pas perdre confiance dans le système éducatif pour les enseignants et enseignantes, d’autant qu’ils et elles se sentent si peu écouté.e.s.

À cela s’ajoutent les injonctions ministérielles et le prof-bashing récurrent des politiques.

Il est grand temps que les acteurs de l’éducation soient entendus et considérés.

L’échec des évaluations nationales généralisées

La généralisation des évaluations nationales donne bonne conscience au gouvernement. Les niveaux en français et mathématiques sont mesurés chaque année, par niveau, permettant l’élaboration de belles statistiques. Et ensuite ? Rien, Hormis la surcharge de travail et le sentiment d’inutilité.

Les élèves ont besoin de temps et d’aller à leur rythme, pas d'évaluations stériles. La remise en cause des cycles d’apprentissage et les nouveaux programmes lourds et injonctifs ne peuvent pas leur convenir.

Des inégalités sociales persistantes

Le système éducatif français se caractérise par un déterminisme social fort. Les résultats Pisa montrent un écart important entre les résultats des élèves les plus favorisés socialement et les élèves les plus défavorisés. Cette différence est supérieure à la moyenne des pays comparables de l'OCDE.

Face à ces fortes inégalités, la Fep-CFDT et la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques plaident pourtant depuis plusieurs années pour davantage de mixité sociale dans les établissements scolaires, y compris dans le privé sous contrat.

La Fep-CFDT a pourtant des solutions

Ce n’est pas en faisant des économies ou en réduisant le nombre de postes que le niveau des élèves va progresser. Le service public d’éducation doit être vu avant tout comme un investissement.

Aussi, la crise démographique est à considérer dans sa dimension d’opportunité pour moins charger les classes et améliorer l’apprentissage des élèves. Elle peut permettre aussi de mieux rémunérer les enseignantes et les enseignants.

Il faut aussi de réels bilans et retex des réformes et des programmes. Il est impératif de mettre tous les acteurs de l’éducation autour d’une table pour proposer des réformes qui font consensus, y compris concernant les rythmes scolaires et la mixité sociale.

Enfin, il est de la responsabilité des représentants politiques, mais aussi des parents et de chaque citoyen, de respecter le travail des personnels de l’éducation et le service public d'éducation qu'ils incarnent. 

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