Circulaire de rentrée 2026 : Des intentions sans changement de cap, ni moyens
Depuis plusieurs années, la Fep-CFDT alerte sur l’épuisement des équipes, la multiplication des injonctions contradictoires et la perte de sens du métier. Le choix annoncé du ministre de privilégier la consolidation plutôt que l’empilement de nouvelles réformes semble aller dans le bon sens, mais il se heurte à des prises de décisions contradictoires. Au final, il décrit davantage une école que la Fep-CFDT refuse.
Sur le terrain, les personnels expriment un besoin croissant de stabilité et de confiance dans l’exercice de leur métier. Pourtant, entre nouvelles prescriptions, consultations et dispositifs successifs, beaucoup ont le sentiment que les changements continuent de s’accumuler sans réelle prise en compte des réalités quotidiennes des établissements.
La Fep-CFDT dénonce les atteintes à la liberté pédagogique
Si la circulaire affirme vouloir recentrer les personnels sur leur cœur de métier, elle s’accompagne encore de nombreuses prescriptions pédagogiques, de nouveaux programmes, de consultations et de dispositifs qui sont vécus sur le terrain comme autant de réformes successives. La Fep-CFDT rappelle que la liberté pédagogique des enseignantes et enseignants est reconnue par le Code de l’éducation. L’organisation pédagogique, le choix des démarches et des outils relèvent avant tout de leur expertise professionnelle et ne constituent pas une prérogative du ministère.
Le ministre s’inscrit dans la continuité du « Choc des savoirs » en reprenant des thématiques de ses prédécesseurs : l’instruction, l’autorité, l’interdiction des téléphone portable… qui constituent une école idéalisée, sans encrage avec la réalité des élèves et des conditions de travail.
L’école refusée est celle du pilotage permanent, des injonctions descendantes et de l’uniformisation des pratiques. La Fep-CFDT défend au contraire une école de la confiance, du temps long et de la stabilité, permettant aux équipes de construire des réponses adaptées aux besoins des élèves dans un dialogue sociale constructif avec le ministère.
Lutte contre les inégalités scolaires et mixité sociale
De plus, la Fep-CFDT partage l’ambition de lutter contre les inégalités scolaires, la priorité donnée à la maîtrise des fondamentaux, la nécessité de travailler l’égalité filles-garçons ainsi que la volonté de mieux protéger les personnels. Cette ambition suppose aussi une véritable politique de mixité sociale. Tant que les inégalités de publics entre établissements perdureront, les discours sur l’égalité des chances resteront insuffisants. La mixité sociale doit être un objectif pleinement assumé et concrètement accompagné, et surtout travaillée, là encore, en co-construction avec les personnels de terrain.
Des orientations qui demandent des moyens
Ces orientations ne pourront être crédibles qu’à condition qu’elles soient cohérentes avec les moyens réellement accordés aux équipes. Or, dans le même temps, les suppressions de postes se poursuivent, les classes restent chargées, les personnels voient leurs conditions d’enseignement se dégrader et les Maîtres délégués (MD), particulièrement les maîtres délégués en CDI (MD-CDI), demeurent dans une situation de grande précarité.
La baisse démographique aurait dû permettre d’améliorer les taux d’encadrement en réduisant les effectifs par classe, de renforcer l’accompagnement des élèves et ainsi de soutenir les équipes. Au lieu de cela, elle conduit aujourd’hui à des suppressions de postes massives qui fragilisent le service public d’éducation.
Une humanisation des procédures RH nécessaire
Enfin, la Fep-CFDT prend acte de la volonté ministérielle « d’humaniser les procédures RH ». Cette ambition devra notamment se traduire par un véritable accompagnement des personnels en difficulté, une amélioration des mobilités et des passerelles de carrière, une sécurisation des parcours professionnels et des solutions concrètes pour les maîtres délégués, en particulier les MD-CDI menacés par les suppressions de postes.
La Fep-CFDT continuera de défendre :
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