Fin du Parcours en Y : un recul attendu, mais un débat à poursuivre

  • Système éducatif et réformes

Le 17 février 2026, Édouard Geffray a annoncé des ajustements significatifs sur la réforme du lycée professionnel concernant le parcours en Y et les épreuves du bac. La Fep-CFDT s’était largement opposée à son lancement. Nous prenons acte de cette décision et nous nous en réjouissons, mais nous restons critiques sur ce qui est proposé. La Fep-CFDT poursuit ses revendications pour une transformation durable et cohérente de la voie professionnelle.

Les nouveaux ajustements de la réforme

Les épreuves du baccalauréat professionnel seront reprogrammées à la mi-juin, ce qui permettra aux élèves de bénéficier d’une année complète de préparation. Après ces épreuves, les équipes pédagogiques organiseront la préparation à l'oral de projet et aux épreuves de contrôle.

Les dispositifs d’accompagnement vers l’insertion professionnelle (AvenirPro et AvenirPro+) seront renforcé 

L’annonce la plus attendue concerne la fin du dispositif controversé du « Parcours en Y », officiellement appelé parcours différencié, tel qu’il avait été mis en œuvre. Après plusieurs mois de tensions et de remontées alarmantes du terrain, le ministre a reconnu que ce dispositif avait montré ses limites : désorganisation des établissements, absentéisme accru et perte de lisibilité pour les élèves comme pour les équipes.

Toutefois, le ministère prévoit le maintien d’une période de deux semaines d’accompagnement personnalisé, consécutives ou non avant mi-mars, en amont de la clôture de Parcoursup, et laissée à l’organisation des établissements.

L’ensemble sera effectif pour l’année scolaire 2026-2027.

 

Une forme réduite de parcours différencié qui interroge

Depuis janvier 2026, un comité de suivi de la voie professionnelle a été installé afin d’évaluer la mise en œuvre de la réforme. Les annonces récentes montrent que nos mises en garde du terrain ont été entendues. En effet, les résultats de notre enquête confirmaient nos alertes portées depuis deux ans (à lire ICI).

La Fep-CFDT a contribué activement à ces échanges et ces premières évolutions constituent pour nous une étape importante.

Toutefois, nous ne sommes pas favorables au maintien d’un format allégé. En effet, comment mener un travail d’orientation sérieux et efficace en quinze jours ?

Si la suppression du Parcours en Y dans sa version initiale était indispensable, elle ne suffit pas à elle seule. La question centrale demeure : par quoi remplacer ce dispositif pour répondre réellement aux besoins des élèves sans désorganiser les apprentissages ? Les problématiques d’orientation, de décrochage et d’articulation entre formation et insertion professionnelle restent entières.

 

La Fep-CFDT poursuit ses revendications

Le débat ne peut se limiter à un ajustement calendaire, il doit s’inscrire dans une réflexion globale sur la cohérence du cycle du baccalauréat professionnel. Les réformes de la voie professionnelle ne peuvent plus être conduites « au pas de charge », sans évaluation rigoureuse ni concertation approfondie.

La Fep-CFDT poursuit ses revendications pour une transformation durable et cohérente de la voie professionnelle avec : 

   •  la poursuite du comité de suivi de la voie professionnelle ;

  • un bilan national et académique, quantitatif et qualitatif, présenté avant toute annonce ou nouvelle décision sur la transformation de la voie professionnelle ;

  • une véritable modularité des parcours, offrant des choix, des passerelles et un renforcement consolidé de l’enseignement professionnel sur l’ensemble du cycle ;

  • l’ouverture d’un groupe de travail sur l’après-bac professionnel, pour mieux préparer les élèves à l’insertion ou à la poursuite d’études (année supplémentaire ou accompagnement spécifique) ;

  • la clarification juridique de la mixité des publics dans l’enseignement privé sous contrat, avec un rappel clair aux rectorats qui ne respectent pas le cadre ;

  • la prise en compte des spécificités des lycées professionnels privés sous contrat dans les textes réglementaires ;

  • une prise en charge effective des élèves en BEP, avec des moyens humains et financiers adaptés ;

  • la garantie de la présence du Bureau des entreprises (BDE) dans tous les établissements, avec des moyens identifiés ;

  • la reconnaissance du travail invisible (notamment suivi individualisé, coordination, relations entreprises/familles, remédiation, évaluations) ainsi que l’intégration du temps de concertation dans le service enseignant ;

  • la priorité budgétaire et organisationnelle donnée aux groupes à effectifs réduits, pour prévenir les décrochages et sécuriser les parcours.

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