rapport Cese
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La commission "Éducation, culture et communication" du Conseil économique, social et environnemental (Cese) a décidé de donner un avis sur le sujet en parallèle de la Convention citoyenne des temps de l’enfant. En effet, quand une convention citoyenne est mise en place, le Cese - troisième assemblée de France - rédige toujours un avis sur la question. Quatre mois après la saisine, il y a donc « deux écrits qui s’emboîtent et complètent à 360 degrés » la question. La CFDT y a contribué.
Pour constituer son avis, le Cese auditionne un grand nombre d’acteurs. C’est ainsi que la Fep-CFDT a été entendue, conjointement avec la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques. La réflexion s’inscrivait dans un cadre plus large que l’Éducation tout en se focalisant sur l’École. Les deux fédérations ont rappelé que rien ne doit être imposé de façon descendante, avec la même organisation partout. Il faut faire confiance aux acteurs et sortir des calendriers politiques. Il faut augmenter le nombre d’adultes dans les établissements et les écoles. La baisse démographique est une opportunité unique dont il faut se saisir pour restaurer l’attractivité et pourvoir les postes existants. Sans humain, il n’y a pas d’Éducation.
Enfin, les deux fédérations CFDT de l’Éducation ont rappelé leur ligne rouge : rien ne peut se faire si cela dégrade les conditions de travail et rien ne peut se faire sans compensation en parallèle.
L’avis « Satisfaire les besoins fondamentaux des enfants et garantir leurs droits, dans tous les temps et espaces de leur vie quotidienne » offre une approche globale de la question. Il distingue trois temps de l’enfant : la famille, l’École et les « tiers temps ». Chacun de ces temps contient des enjeux en termes d’apprentissage et influe sur l’épanouissement et le développement des enfants. Ces temps sont interdépendants et interagissent continuellement pour façonner le processus de socialisation des enfants.
A l’issu de cet avis, le Cese propose 20 préconisations et appelle le gouvernement à s’en saisir. Celles-ci s’articulent autour des droits et besoins des enfants dans un monde contraint, des enjeux en termes d’espaces et de temps, des leviers pour agir sur la santé et le bien-être. Mais aussi sur les enjeux de la gouvernance, de la coordination et du financement des acteurs qui interviennent sur les temps de l’enfant.
Pour en savoir davantage, lire l’avis.
La CFDT a pris la parole pour soutenir l’avis. Pour elle, les constats sont clairs : la société répond insuffisamment aux besoins de l’enfant et à leurs droits. « Les temps scolaires, familiaux, périscolaires et de loisirs demeurent trop souvent pensés en silo et en fonction des contraintes des adultes, et non en fonction du développement, de la santé physique et mentale et du bien-être des enfants. »
La CFDT salue la qualité des débats et partage l’exigence d’une vision globale « articulant rythmes de l’enfant, lutte contre les inégalités sociales et territoriales, soutien à la parentalité, accès à la culture, au sport, à la nature et à une meilleure coordination entre tous les acteurs éducatifs ».
Les propositions et préconisations ne doivent cependant pas rester lettre morte. Le président voulait en faire une cause nationale. Il faut donc renforcer les métiers éducatifs, avec un investissement massif. La CFDT a voté pour cet avis, comme l’ensemble du Cese, en soulignant la nécessité de porter pour l’Éducation un budget à la hauteur des ambitions.