Evar·s : Premier bilan
A compter de la rentrée 2025, le parcours Evar.s (Education à la vie affective et relationnelle, et à la sexualité) a été inscrit au programme dans les collèges et lycées. Après un premier bilan il s’avère comporter des inégalités criantes dans son application.
Le 21 janvier, le Bureau fédéral de la Fep-CFDT accueillait Lolita Rivé, journaliste et enseignante spécialisée dans l’Education à la vie affective, relationnelle et à la sexualité. A cette occasion a été effectué le premier bilan d’une enquête que la fédération avait menée auprès de des collègues. Bien évidemment, y ont été associées de nouvelles pistes revendicatives.
Personnels peu formés et mise en œuvre lacunaire
Parmi les collègues qui ont répondu à l’enquête diffusée par message sur les boîtes académiques entre la mi-novembre et la mi-janvier, la grande majorité (90%) a bien connaissance de l’existence des programmes. Mais à peine un tiers des répondants et répondantes déclarent qu’elles, eux ou quelqu’un de leur établissement a été formé à leur appropriation. Seul·e·s 42% des personnes disent que les séances ont été mises en place dans leur établissement. Si ces chiffres semblent conformes à ceux transmis par le ministre de l’Éducation nationale dans les médias, ce que Monsieur Geffray ne dit pas, c’est que lorsque l’Evar·s est mise en place, dans un quart des cas, des dérives sont observées.
Un quart des établissements contreviennent aux programmes
Si nos collègues, comme celles et ceux du public, font état d’un manque de formation et de moyens pour mettre en œuvre les programmes, dans les établissements privés sous contrat il s’avère qu’il existe des pressions venant majoritairement des directions pour ne pas appliquer le programme ou pour le réaliser par le spectre particulier de l’Enseignement catholique et du discours de l’Eglise. Et, dans de trop nombreux établissements, ce sont des associations confessionnelles, parfois réactionnaires qui diffusent un discours contraire aux valeurs de la République, et cela, très souvent sur du temps de classe. Le Cler, Cycloshow, Come je t’aime, R2I Aimer et être aimé…nombreux sont les retours d’interventions portant des discours sexistes, anti-IVG (Interruption volontaire de grossesse) dans des moments à caractère obligatoire, sur temps scolaire, sans possibilité d’apporter un discours contradictoire contrevenant de ce fait à l’esprit des programmes et au contrat d’association passé entre les classes des établissements et l'Etat.
La Fep-CFDT engagée dans l’intérêt des élèves et des personnels
Partout où ces accommodements avec les programmes sont réalisés, la Fep-CFDT accompagne les équipes syndicales afin de faire respecter les textes, les valeurs de la République et la liberté de conscience de toutes et tous. Et, à chaque fois, elle transmet, depuis le début de l’année, au ministère tous les dérapages afin de montrer que ce ne sont pas des situations isolées et qu’il doit agir. Le ministère doit cesser les messages flous concernant l’intervention des associations dans les établissements privés sous contrat. Il doit rappeler à l’enseignement catholique ses obligations, contrôler strictement les établissements et sanctionner aussi durement que nécessaire ceux qui manqueraient par ces dérives à leur contrat d’association et à leur mission de service public d’éducation. Enfin, il doit donner, dans le public comme dans le privé, la formation et les moyens nécessaires à l’application de ces programmes dont l’utilité dépasse largement le cadre scolaire mais relève d’enjeux sociétaux profonds.