20260206 - Communiqué de presse - Suppressions de postes inacceptables dans l’enseignement privé
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À l’approche de la rentrée 2026, les premières orientations du programme 139 (moyens alloués l’enseignement privé sous contrat) confirment un scénario préoccupant : la baisse démographique sert une nouvelle fois de variable budgétaire, au risque de dégrader les conditions d’enseignement dans le privé sous contrat. Ces informations nous ont été fournies au CCMMEP (Comité consultatif ministériel des maîtres de l'enseignement privé sous contrat). Pour la Fep-CFDT, cette situation est inacceptable.
Les moyens de l’École ne peuvent pas être pilotés uniquement par des logiques comptables, et les personnels – en particulier les maîtres délégués – ne doivent pas devenir la variable d’ajustement.
Les chiffres 2024-2025 montrent une légère baisse globale de –0,54 % d’effectifs élèves mais ces chiffres sont variables en fonction des dynamiques de territoires et selon les niveaux.
Dans le 1er degré, une nette baisse : –1,20 % soit 10 105 élèves, surtout en élémentaire (- 1,66 %).
Dans le 2nd degré, une situation est quasi stable (–0,09 %, –1 149 élèves) avec un fort recul au collège (–4 452) et une hausse en lycée professionnel, LGT et post-bac (+3 300 cumulés).
Au niveau national, l’on constate que les grandes académies connaissent une forte baisse du nombre d’élèves proportionnellement à leur taille : Rennes (-3730), Nantes (-2743), Lille (-1985) ou encore Lyon (-1272), tandis que d’autres académies progressent : Aix-Marseille (+775), Créteil (+617), Nancy-Metz (+614) et Versailles (+543).
En résumé, 25 académies perdent des moyens, 2 académies restent stables, 5 académies sont en progression et 22 académies récupèrent des moyens fléchés pour l’inclusion.
Le Projet de loi de finances (PLF) 2026 prévoit le schéma d’emplois suivant :
–868 ETP liés à la démographie ;
+106 ETP liés à la réforme de la formation initiale (recrutement de stagiaires).
Ce schéma inclut la répartition des moyens spécifiques : 50 ETP pour l’inclusion, 13 pour les projets du SGEC (Secrétariat de l’enseignement catholique) et 10 pour la réserve ministérielle des établissements hors réseau enseignement catholique.
Mais les 106 ETP ne sont pas encore répartis par académie, ils sont prévus pour affecter les stagiaires en fonction de leur profil de lauréats à savoir :
· Les lauréats nouvelle formule, titulaires d’une Licence 3 ;
· les lauréats ancienne formule, détenant déjà un Master 1 et ceux qui sont inscrits dans un parcours spécifique, qui intégreront un Master 2 en tant que stagiaire et seront en face à face élèves.
Cette répartition tardive des moyens et l’incertitude sur les stagiaires font peser un risque clair : le recours accru aux Maîtres délégués (MD) pour absorber les manques ou compenser les besoins.
A ce jour, la Daf (Direction des affaires financières) n’a pas d’élément concernant d’éventuels licenciements de MD en CDI, et bien évidemment il sera notifié aux académies que ces licenciements devront être le dernier recours. La Daf va aussi se saisir de la problématique des notifications de départ à la retraite qui arrive a posteriori du mouvement de l’emploi afin de limiter les problèmes de supports.
Pour la Fep CFDT, la baisse démographique ne peut pas justifier une dégradation du service rendu aux élèves ni des conditions de travail des enseignants. Elle doit être une opportunité pour améliorer l’encadrement, réduire les effectifs par classe, soutenir l’inclusion et améliorer la qualité de vie au travail des personnels.