Un diagnostic enfin partagé : Des remèdes, et vite !
Première réunion de concertation autour de la revalorisation et de l’attractivité du métier d’enseignant et prise de conscience du ministère de l’Éducation nationale : des dysfonctionnements que la Fep-CFDT dénonce depuis longtemps.
Oui, les enseignants sont mal rémunérés, oui, ils travaillent beaucoup, oui, ils ont peu de perspectives de carrière, et oui, ils sont de plus en plus nombreux à exprimer un sentiment de mal-être professionnel, même si une majorité veut toujours croire que notre métier a du sens.
Lors de la première réunion de la concertation « Revalorisation salariale et attractivité du métier » consacrée à un état des lieux des rémunérations et des conditions de travail, le ministère de l’Éducation nationale a reconnu ce que la Fep-CFDT n’a de cesse de mettre en lumière depuis longtemps ! A cette occasion, la Direction de l’Évaluation, de la Prospective et de la Performance (DEPP) a présenté et analysé plusieurs études.
Des salaires en régression
Celle sur l’évolution salariale et la comparaison avec les autres fonctionnaires de la fonction publique d’État confirme les données déjà mises en évidence par la Fep : A titre d’exemples, un professeur des écoles débute avec l’équivalent d’1,5 SMIC contre 1,8 en 1990, il termine à l’équivalent de 2,6 SMIC contre 3,7 en 1990. Un certifié ou un PLP débute avec l’équivalent d’1,6 SMIC contre 1,9 en 1990 et termine à l’équivalent de 2,7 contre 3,8 en 1990. Les perspectives de carrière n’existent plus : Au bout de 15 ans de carrière, le professeur des écoles atteint seulement l’équivalent de 1,8 du SMIC, le certifié ou PLP 1,9 contre respectivement 2,5 et 2,6 en 1990. Le décrochage salarial est flagrant ! Enfin, le salaire moyen d’un enseignant du privé est inférieur de 22% à celui des autres agents de catégorie A de la fonction publique.
Pas de réel scoop non plus si on compare les salaires des enseignants français avec ceux de leurs homologues européens : ceux-ci se situent largement en dessous du niveau moyen européen et même font partie des plus faibles…
Une qualité de vie au travail détériorée
Toujours pas de scoop non plus sur le temps de travail des enseignants, d’après la note d’information présentée : la moitié des enseignants déclare travailler au moins 43 heures par semaine mais aussi pendant leurs vacances scolaires.
Toujours pas de scoop enfin pour les premiers résultats de l’enquête bien-être au travail, le degré de satisfaction des personnels de l’Éducation nationale est inférieur à la moyenne des français en emploi et plus de la moitié signale un risque d’épuisement professionnel élevé.
L’avis de la Fep-CFDT
Les constats sont sans appel. La Fep-CFDT note la volonté du ministère de prendre le temps d’un diagnostic partagé. Mais elle espère que les remèdes seront à la hauteur des attentes des collègues.
La Fep-CFDT revendiquera lors des réunions de négociation de janvier, une revalorisation pour tous les personnels, de réelles perspectives de carrière et une reconnaissance du temps de travail, notamment de toutes les tâches et missions déjà effectuées mais non comptabilisées.