Rencontre avec le ministre : La Fep-CFDT fait état de ses inquiétudes et de ses lignes rouges
Le 17 mars 2026, la Fep-CFDT a rencontré le ministre de l’Éducation nationale Edouard Geffray mettant en lumière des craintes et attentes fortes concernant le privé sous contrat. Si des convergences semblent exister avec le ministère, notamment sur la mixité sociale, il reste nécessaire de réconcilier enseignement public et privé ou encore de faire respecter un cadre clair sur les valeurs de la République.
Dans un contexte marqué par des tensions nombreuses, nous avons rappelé notre attachement au respect du contrat avec l’État et à notre statut d’agents publics.
Les conditions d’enseignement dans un contexte de baisse démographique et de suppressions de postes
La Fep-CFDT a alerté le ministère sur l’impact des 762 suppressions de postes prévues à la rentrée 2026 et sur la dégradation des conditions d’enseignement : classes plus chargées, accompagnement des élèves en difficultés réduit, équipes fragilisées.
Nous avons particulièrement insisté sur la situation des maîtres délégués en CDI, devenus une variable d’ajustement : précarité, temps incomplets subis, absence de perspectives, difficultés d’accès aux droits.
Pour la Fep-CFDT, il est indispensable que les parcours soit sécurisés par une formation de qualité et un accompagnement adapté. Nous avons revendiqué des solutions de reclassement pour désengorger le vivier des MD-CDIS ainsi que l’ouverture de concours spécifiques pour titulariser ces maîtres en situation de grande précarité. Il devient urgent de reconnaître leur expérience acquise.
Les dangers concernant notre régime spécifique de Prévoyance
Nous avons exprimé notre inquiétude face aux menaces pesant sur notre Prévoyance et indiqué que les maîtres soutiennent notre démarche par une mobilisation importante : notre pétition intersyndicale a atteint plus de 12 000 signatures en quelques semaines.
Notre ligne pour les enseignantes et enseignants est de maintenir le système actuel. Pour la Fep-CFDT, le temps presse pour aboutir à un accord qui ne serait pas moins-disant. Le ministère doit agir notamment en recherchant les leviers juridiques pour couvrir les agents.
Pour la Fep-CFDT, les enseignants et enseignantes du privé sous contrat sont des agents publics. À ce titre, ils doivent bénéficier des mêmes droits, des mêmes protections et des mêmes perspectives que leurs collègues du public. Il en va de l’intérêt des personnels et de la qualité du service public d’éducation.
Les passerelles et perspectives de mobilités
Du côté des maîtres de l’Enseignement privé sous contrat, l’attente est forte. La question des passerelles de carrière est toujours d’actualité. Contrairement à l’annonce du Spelc, l’accès aux concours des personnels de direction et d’inspection n’est pas acté.
Nous avons réaffirmé une revendication historique de la Fep-CFDT pour que les enseignants et enseignantes du privé ne restent pas enfermé·e·s dans une carrière unique : ouvrir réellement les concours de personnels de direction et d’inspection aux enseignants et enseignantes du privé sous contrat mais également leur proposer des solutions de mobilités.
Une analyse menée par la Daf est en cours. Les freins sont d’ordre statutaire et ne sont aucunement liés aux compétences des maîtres concernés.
Mixité sociale et valeurs de la République
Pour la Fep-CFDT, l’Enseignement privé sous contrat est partie intégrante du service public d’éducation. Nous avons réaffirmé tout d’abord que la question de la mixité sociale ne pouvait pas être éludée. Le protocole Mixité signé entre le ministre Pap Ndiaye et Monsieur Delorme, secrétaire général de l’Enseignement catholique de l’époque, doit être suivi de faits et mis en œuvre de façon paritaire.
Nous avons ensuite alerté sur des dérives constatées dans certaines formations (laïcité, Evar.s) et interventions extérieures : contenus non conformes, manque de contrôle, interventions confessionnelles sur le temps scolaire…
Le ministre a confirmé la nécessité de mieux encadrer ces pratiques, en rappelant un principe essentiel : aucun prosélytisme ne peut être toléré dans le cadre scolaire.
Concernant les formations Evar.s, si les séances semblent se mettre en place dans nos établissements, les moyens et même les formations manquent. Et l’intervention d’associations au discours contrevenant aux programmes et aux valeurs de la République ne peut être admissible. Nous avons convenu que le rôle de l’enseignant·e pour garantir le respect et l’accord avec les contenus des programmes, était central. Le rappel du cadre devra être réexprimé par le ministère.
Sur la photo, de gauche à droite : Alexis Guitton, Edouard Geffray, Valérie Ginet, Jessica Bertrand, Nadia Claës-Beck