Déclaration liminaire
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Le 20 mai 2026, les représentants de la Fep-CFDT ont participé aux réunions du Comité consultatif ministériel des maîtres de l’Enseignement privé (CCMMEP). Dans un contexte marqué par les difficultés de recrutement, les débats sur la formation des enseignants, les enjeux de mixité sociale et les tensions sur l'emploi, la Fep-CFDT a porté une vision cohérente et exigeante : celle d'une école qui fasse réussir tous les élèves et respecte pleinement les personnels qui la font vivre au quotidien.
Dès l’ouverture des travaux, la Fep-CFDT a participé à une déclaration intersyndicale sur la prévoyance, sujet majeur pour les maîtres et les salariés de nos établissements. Face aux blocages persistants, nous avons obtenu du ministère l’engagement de poursuivre les discussions afin qu’un accord de substitution puisse être conclu.
La protection sociale complémentaire ne peut rester un angle mort pour les personnels.
À l'approche des examens, nous avons également rappelé une réalité souvent ignorée : le fonctionnement du système repose sur l'engagement quotidien des enseignants. Déplacements, surveillances, corrections, oraux, maintien des cours, tâches administratives : les personnels compensent en permanence les insuffisances de l'organisation au prix d'une surcharge de travail devenue structurelle. La Fep-CFDT demande l'ouverture d'une réflexion sérieuse sur l'organisation des examens et une reconnaissance effective du travail supplémentaire imposé aux personnels pendant cette période particulièrement intense.
La Fep-CFDT a également dénoncé la situation persistante des maîtres délégués. Ces personnels assurent les remplacements, prennent en charge les classes lorsque les besoins se présentent et contribuent quotidiennement à la continuité du service d'éducation. Pourtant, ils demeurent confrontés à des affectations tardives, à l'incertitude permanente et à l'absence de perspectives professionnelles. Le schéma d’emploi fait d’eux, et notamment des maîtres délégués en CDI, les premières victimes de cette suppression de moyens.
Pour notre organisation, la précarité ne peut devenir un mode normal de gestion des ressources humaines. Les maîtres délégués doivent bénéficier de garanties claires, de règles transparentes et d'une véritable reconnaissance de leur engagement professionnel. Nous l’avons affirmé, nous le défendrons.
Les débats ont ensuite porté sur les textes relatifs à la formation et à l'évaluation des maîtres contractuels stagiaires.
Depuis plusieurs années, la Fep-CFDT dénonce des réformes de la formation conçues principalement pour répondre à la crise du recrutement plutôt que pour construire une véritable professionnalisation des futurs enseignants. Former un maître ne consiste pas à le placer plus tôt devant une classe. Former un maître, c'est lui donner du temps pour apprendre son métier, bénéficier d'un accompagnement de qualité et construire progressivement les compétences nécessaires à la réussite de tous les élèves.
Au cours des échanges, la Fep-CFDT a interrogé l'administration sur plusieurs points essentiels : composition des commissions académiques, mobilité imposée aux stagiaires, conditions de rupture de contrat, rémunération des étudiants en formation. Nous avons obtenu certaines clarifications mais de nombreuses interrogations demeurent.
Par cohérence avec notre opposition à cette réforme et avec les réserves que nous portons depuis son origine, la CFDT a voté contre les deux textes soumis au CCMMEP.
La question des contrôles dans les établissements privés sous contrat demeure au cœur des revendications de la Fep-CFDT. Le contrat d'association avec l'État implique des droits mais également des obligations. Parce qu'il y a financement public, il doit y avoir transparence.
Le respect du contrat d'association, des obligations pédagogiques, sociales et financières ainsi que des valeurs de la République ne peut rester l'affaire des seuls chefs d’établissement. Il concerne l'ensemble de la communauté éducative. La Fep-CFDT réaffirme donc son attachement à des contrôles réguliers et exige que leurs conclusions soient communiquées aux personnels.
Le bilan présenté par le ministère confirme les constats que la Fep-CFDT porte depuis longtemps. Les écarts entre Enseignement public et Enseignement privé sous contrat demeurent importants en matière de mixité sociale. Devant les enjeux de la baisse démographique qui s’imposent à nous, l'Enseignement privé sous contrat doit pleinement participer à l'effort de mixité sociale et scolaire. Le ministère, à notre demande, va constituer un groupe de travail sur le sujet dès le mois de juin, pour nous permettre d’anticiper les choix que feront les établissements et l’administration, tout en portant l’intérêt des enseignants. La Fep-CFDT refuse que les seuls critères budgétaires déterminent l'avenir des établissements et des personnels.
Nous demandons une véritable anticipation et l'ouverture d'un dialogue social réel sur les projections d'emploi.
Derrière chaque amendement défendu, chaque question posée à l'administration, chaque demande de transparence, chaque intervention sur les conditions de travail ou la protection sociale, il y a la volonté constante de vos élus de la Fep-CFDT au CCMMEP de faire remonter la réalité du terrain et de porter les préoccupations des personnels auprès du ministère.
Les représentants de la Fep-CFDT ne se contentent pas d'accompagner les réformes : ils les interrogent, les contestent lorsqu'elles sont injustes et proposent des alternatives lorsqu'elles ne répondent pas aux besoins des personnels.
C'est ainsi que nous concevons notre mandat syndical : défendre les personnels, promouvoir une école plus juste et plus inclusive, faire vivre le dialogue social et porter l'ambition d'un Enseignement privé sous contrat pleinement dédié au service de l'intérêt général.
La Fep-CFDT continuera à agir dans toutes les instances pour que la voix des personnels soit entendue et pour construire l'école que nous voulons : une école qui fasse réussir tous les élèves, qui respecte ses personnels et qui assume pleinement ses responsabilités sociales et éducatives.