Reclassement des enseignants : correction des injustices de 2021 - MASA
Quatre ans après la revalorisation salariale de janvier 2021, le ministère corrige enfin une anomalie qui pénalisait les enseignants de l’enseignement agricole privé ayant réussi un concours. Une avancée obtenue après des années d’alerte de la Fep-CFDT.
Le décret n°2025-1303 du 24 décembre 2025, publié au Journal officiel, instaure un nouveau système de reclassement pour réparer les effets pervers d'une mesure pourtant destinée à améliorer les rémunérations. Une situation paradoxale qui avait suscité l'incompréhension et que la Fep-CFDT a dénoncé dès 2021.
Quand une bonne nouvelle en cache une mauvaise
L'histoire commence en janvier 2021 avec la revalorisation de la grille indiciaire des enseignants de catégorie 3. Rapidement, un effet pervers apparaît : certains enseignants ayant réussi leur concours pour accéder aux catégories 2 et 4 se retrouvent moins bien rémunérés que leurs collègues restés catégorie 3. Une situation frustrante pour ceux qui avaient investi des années d'efforts dans leur préparation.
Un système de coefficients pour rattraper le retard
Le nouveau décret établit un mécanisme distinguant trois profils selon la date de recrutement et de promotion. Les plus concernés sont ceux recrutés avant 2021 et promus entre janvier 2021 et aujourd'hui. Ils bénéficieront d'un recalcul automatique avec effet au 1er février 2026, basé sur des coefficients caractéristiques :
- 115 pour les services accomplis avant 2021 dans l'ancienne grille,
- 135 pour ceux effectués après dans la nouvelle grille revalorisée.
Ces coefficients permettent de valoriser équitablement chaque période de service selon les références salariales en vigueur à l'époque.
Une clause de sauvegarde pour tous
Au cœur du dispositif figure la clause de sauvegarde, véritable filet de sécurité. Elle garantit qu'aucun enseignant ne perdra financièrement lors de son changement de catégorie. Chaque agent sera classé à un échelon correspondant à un indice au moins égal, voire supérieur, à celui détenu auparavant. Une disposition essentielle qui inverse la logique absurde observée depuis 2021.
Si l'augmentation liée à la promotion s'avère inférieure à un simple avancement d'échelon, l'enseignant conserve son ancienneté. Ainsi, une promotion ne peut plus jamais être désavantageuse, même temporairement. Pour les enseignants recrutés après janvier 2021 et déjà promus, le calcul se base sur l'ancienneté théorique qu'ils auraient eue en restant en catégorie 3.
Et pour l'avenir ?
Les futurs promus recrutés avant 2021 bénéficieront automatiquement du calcul le plus avantageux : soit la clause de sauvegarde classique, soit le système de coefficients différenciés. Pour la Fep-CFDT, on ne peut pas pénaliser ceux qui progressent dans leur carrière.
Aucune démarche nécessaire
Les enseignants concernés n'auront aucune formalité à accomplir. Les services du ministère de l'Agriculture appliqueront d'office les nouvelles règles. Pour les agents déjà promus, le reclassement est censé prendre effet dès le 1er février 2026, avec un éventuel rappel de salaire.
Cette mesure, bien que technique, constitue une avancée pour plusieurs centaines d'enseignants de l'enseignement agricole privé et démontre que la persévérance de la Fep-CFDT a permis de corriger cette erreur, même quatre ans après.
Reclassement : des avancées concrètes obtenues par la Fep-CFDT · La correction d’une anomalie de reclassement pénalisant les enseignants promus après la revalorisation de 2021. · La mise en place d’un nouveau mécanisme de calcul plus juste, tenant compte des périodes de service avant et après la réforme. · L’instauration d’une clause de sauvegarde, garantissant qu’aucune promotion ne puisse entraîner une perte financière. · Un reclassement automatique, sans démarche à effectuer pour les agents concernés. · La sécurisation des règles pour l’avenir, afin que la progression de carrière ne soit plus jamais désavantageuse. 👉 Une avancée obtenue après plusieurs années d’alertes et de travail syndical constant. |