Stages collectifs en Bac pro agri, ce qui change à la rentrée
Un arrêté portant sur les stages collectifs en cycle terminal des 16 spécialités de Bac Pro, est paru ce 15 avril 2024. Il va générer des changements importants qu’il est important de saisir tant sur le plan pédagogique qu’à propos des Obligations réglementaires de service (ORS). La Fep-CFDT a donc décidé d’organiser deux webinaires sur ce sujet dont le diaporama est disponible ci-dessous.
Ces webinaires, qui ont réuni 180 personnes syndiquées ou non, ont eu pour objectif de décortiquer l’arrêté, expliquer les incidences de celui-ci et répondre aux questions des enseignants.
Deux thématiques à traiter
Deux thématiques, de 20 heures chacune, sont à mettre en œuvre par les élèves sur trois semaines de stage. Un supplément horaire global de 30 heures « enseignant » est prévu, il permet d’organiser des séances en co-intervention. Tous les enseignants en fonction de leur volume horaire disciplinaire interviennent sur ces temps de formation.
Des webinaires intéressants
Au cours des webinaires (voir diaporama en PJ au bas de cet article), de nombreuses questions ont porté sur la mise en musique de ces nouvelles dispositions. La Fep-CFDT a souligné l’importance de la concertation au sein de chaque équipe de Bac Pro pour construire un dispositif pédagogique cohérent, pour les apprenants, basé sur du travail d’équipe. Ce nouveau cadre réglementaire impose une nouvelle manière de travailler remettant clairement en question les systèmes pyramidaux où un chef d’établissement décrète une manière de travailler aux équipes via les affectations horaires.
Des équipes formées
La formation des équipes est aussi un enjeu important. En effet, si le stage Éducation à la santé et au développement durable est mis en œuvre depuis quelque temps, le stage Valorisation du vécu en milieu professionnel est seulement mis en place dans certaines filières depuis la rentrée 2023. Ce dernier doit vraiment être mis au service de l’éducation aux risques professionnels. Les équipes devront être acculturées au sujet. La santé sécurité au travail n’est plus l’apanage de quelques spécialistes mais concerne bien chaque enseignant. Bien sûr, de la souplesse est possible. Par exemple, un enseignant de mathématiques disposant de 2 heures hebdomadaires après concertation avec ses collègues pourrait très bien être impliqué uniquement sur un des stages à hauteur de 6 heures, parce que se sentant plus à l’aise sur la thématique.
Les modalités de mise en oeuvre
Les Obligations réglementaires de service (ORS) sont impactées puisque le nombre de semaines d’enseignements obligatoires est de 58 semaines. Concernant la Dotation globale horaire (DGH), ce système ne génère aucun besoin supplémentaire. Il s’agit simplement d’une remise à plat de la manière d’envisager l’utilisation de la DGH dans certains établissements où un rognage est fait sur les volumes horaires dûs aux apprenants et prévus dans les référentiels de formation. Gageons, s’il est bien compris de tous les enseignants, que cet arrêté permettra de limiter certaines dérives.
La Fep-CFDT face aux réticences chez certains chefs d’établissement
Des collègues ont d’ores et déjà indiqué à la Fep-CFDT que certains chefs d’établissement n’entendaient pas mettre en œuvre cet arrêté. S’agit-il pour autant de délinquants · Seront-ils sanctionnés · De la même manière que l’application du code de la route par tous permet à chaque citoyen de se sentir en sécurité, l’application des textes édictés par le ministère de l'Agriculture et de la souveraineté alimentaire (Masa) permet à chaque apprenant de bénéficier de l’enseignement auquel il a droit et à chaque enseignant de faire correctement son travail. Aussi, la Fep-CFDT invite-t-elle chaque enseignant à s’approprier le sujet et à collectivement agir contre les pratiques contraires à la mise en place de cet arrêté. Au sein de chaque région, de chaque département, il y a un interlocuteur Fep-CFDT qui peut vous aider.