La Fep-CFDT rencontre le ministre au Conseil supérieur de l’éducation

  • Conseil Supérieur de l'Éducation

Le ministre était présent au Conseil supérieur de l’éducation (CSE) jeudi 12 octobre 2023. La Fep-CFDT lui a adressé une déclaration liminaire sur la souffrance des enseignants et le dialogue social, le SGEN-CFDT et la confédération ont aussi lu les leurs.

Il y avait de quoi dire au CSE, entre le ministre présent la matinée, les nouveaux textes de la voie professionnelle et les écoles techniques privées hors contrat.

Le ministre entend la CFDT à quatre reprises

Jeudi 12 octobre, monsieur le ministre est arrivé un peu en retard, mais est resté beaucoup plus longtemps que prévu. Après un discours d’entrée, c’est smartphone, soda et vapoteuse à la main qu’il a écouté les 28 déclarations préalables avant de faire une réponse générale.

Votre personnel est en souffrance, car mal considéré par la société depuis des années, mal rémunéré eu égard à la masse de travail et aux responsabilités qui lui incombent.

Il déclare qu’il veut agir dans le dialogue et la concertation car il juge celle-ci utile. Il mentionne alors l’actualité autour de celles liées à l’attractivité du métier et des groupes de travail thématiques d’ « exigences des savoirs ».

Il expose alors ses priorités. D’abord le harcèlement. La journée du 9 novembre dédiée à ce thème doit avoir une place particulière. Il pense que ce sujet peut tous nous rassembler, tout en étant une attente des familles. Ensuite le fait que trop d’élèves se sont trouvés sans affectation à la rentrée, en voie professionnelle. Pour lui, il faut davantage d’anticipation. Il veut développer un parcours d’orientation important dès le collège. Les régions et les entreprises doivent se mobiliser pour les stages de 3e et de seconde. Enfin, le ministre insiste sur le fait qu’il veut élever le niveau de tous et en finir avec le déterminisme. Il va mettre en place dans le cadre des « exigences du savoir » une consultation pour les 860 000 enseignants avec des réponses fermées et d’autres libres. Les conclusions viendront fin novembre, les premières mesures et applications en septembre 2024.

Votre personnel est en souffrance car toutes vos annonces renforcent un climat d’instabilité, sans vision cohérente d’ensemble.

Parmi les 28 déclarations préalables, la CFDT apparaît quatre fois. La première, au nom du CSE, est une intersyndicale du public avec FSU, l’Unsa, la CGT, FO, Sud, le Snalc et la CFDT incluant Sgen et Fep. Elle parle de l’«impréparation ou absence d’anticipation » qui « devient la nouvelle norme du dialogue social du ministère » (à lire). La deuxième est celle de la confédération, autour de la mixité sociale, des pédagogies coopératives et de l’effectivité du droit à l’éducation (à lire). La troisième est celle du Sgen concernant les rémunérations et le grand recul en matière de formation initiale et continue (à lire). La quatrième est celle de la Fep-CFDT autour de la souffrance des personnels et le défaut de dialogue social. Le ministre semble avoir été réceptif à notre cohésion avec les deux déclarations, confédérale et Sgen, l’interdiction de certains concours et détachement pour les enseignants du privé, et le fait qu’il y a des collègues motivés qui veulent prendre part à la réforme dans le dialogue social avec l’ensemble des partenaires et des pouvoirs publics (à lire)Le ministre conclut qu’il a aimé l’exercice avec tous les syndicats. Il a reparlé de la revalorisation qu’il juge inédite, de l’autorité des enseignants, de la mixité sociale, du niveau à élever, du harcèlement, de la formation initiale, de l’absentéisme, de la formation citoyenne. Il compte revenir au CSE pour un dialogue sous une autre forme. On attend de voir.

Votre personnel est en souffrance, car il n’est pas entendu, alors qu’il a besoin que son expertise du métier et ses propositions soient prises en compte et reconnues.

Chocolat et charcuterie

Le CSE a repris le travail de la commission spécialisée lycée, du mercredi 27 septembre 2023, sur des textes de la voie professionnelle. Ce jour-là, Judith Volcot, pour la Fep, était d’ailleurs intervenue pour que ces programmes prennent davantage en considération le respect des règles d’hygiène, de santé, de sécurité et de protection de l’environnement, mais aussi mettent en avant la responsabilité sociétale des entreprises dans les transitions.

En séance plénière, la Fep et le Sgen étaient rapporteurs de plusieurs textes, ceux-ci abordant différents diplômes parmi lesquels les CAP (Certificat d’aptitudes professionnelles) « chocolaterie-confiserie », « charcuterie-traiteur », « conseil de vente en boucherie », « maroquinerie », ou les BTS (Brevet de technicien supérieur) « banque », « photonique », « profession immobilière ».

Les écoles techniques privées hors contrat : vives polémiques et ajournement

La direction des affaires financières a présenté le projet d’arrêté portant reconnaissance par l’État de 9 écoles techniques privées hors contrat. S’en est suivi un échange houleux d’une heure avec les organisations syndicales dont la Fep. Cette dernière est intervenue en premier lieu étant la seule fédération de la salle à gérer le hors contrat. Elle a dénoncé le fait que l’administration valide des écoles malgré des avis défavorables des IPR (Inspecteurs pédagogiques régionaux) ou des règles d’hygiène et de sécurité non respectées. Pour elle, ces insuffisances cautionnées mettent en cause la responsabilité du ministère. Evidemment, les organisations syndicales du public, Sgen inclus, ont surenchéri, criant au scandale, montrant même le lien de certaines écoles avec des congrégations religieuses. La pression a été telle que l’administration a concédé in extremis le report de la validation au prochain CSE.

Ces articles peuvent également vous intéresser

  • 2026-04-14 - AEF INFO - Enseignement privé : "La CEPNL a choisi de dénoncer les accords de prévoyance pour des raisons économiques" (Fep-CFDT)

    Lire l'article
  • 2026-04-13 - Café pédagogique - Prévoyance : vers la fin des kermesses et du bénévolat dans le privé ?

    Lire l'article
  • 2026-04-11 - La tribune Dimanche - "Violences à l'école : le Parlement doit légiférer", par les principaux collectifs de victimes de violences dans les établissements scolaires publics et privés

    Lire l'article