Proposition intersyndicale
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Les négociations annuelles obligatoires (NAO) pour l'Enseignement privé non lucratif (EPNL) viennent de s'achever et le résultat est amer. Une fois de plus, les discussions n'ont pas abouti à un accord. Les employeurs (CEPNL) ont imposé leurs conditions, sans véritable dialogue avec les syndicats.
Pour la Fep-CFDT, les mesures annoncées sont bien trop faibles face à une vie qui coûte toujours plus chère.
Les discussions avaient pourtant commencé dès novembre 2025. Avec l’inflation qui a rongé le pouvoir d’achat ces dernières années, les salariés espéraient des signes forts. D’autant que l’écart entre le salaire minimum conventionnel et le Smic est devenu dérisoire. Pire : avec la revalorisation du Smic au 1er janvier 2026, le minimum de branche se retrouve même en dessous.
Face à cette situation, la Fep-CFDT, suivie par les autres organisations syndicales, était montée au créneau avec des demandes claires : une vraie revalorisation des salaires via le point (+3 % sur la valeur du point EPNL), la reconnaissance de l’ancienneté pour tous (8 points d’ancienneté) et une meilleure prise en charge de la mutuelle (80 % à la charge de l’employeur pour le socle de base).
Pourtant, la CEPNL est restée campée sur ses positions. Elle a invoqué des finances tendues et un manque de ressources pour justifier des mesures minimales. Concrètement, à partir de septembre 2026, la Déclaration unilatérale employeur (DUE) prévoit seulement une hausse de 0,5 % de la valeur du point (porté à 20,13 €), un rattrapage du Smic ciblé pour certains salariés en strate I et un plancher à 371 points pour les enseignants hors contrat, tout cela afin d’éviter que leur rémunération ne passe sous le Smic.
La Fep-CFDT dénonce un manque de transparence, des propositions chiffrées arrivées à la dernière minute et un refus de discuter des sujets essentiels. La décision finale de la CEPNL est vécue comme un passage en force, qui vide les négociations de leur sens.
Ces mesures ne compensent ni l’inflation, ni la perte de pouvoir d’achat subie depuis 2023. Pour la Fep-CFDT, elles restent dérisoires face à l’explosion du coût de la vie et ne font que creuser le fossé entre les attentes des salariés et la réalité économique.