Des conditions de travail intenables en fin d’année scolaire
Cours, surveillances, examens, corrections, oraux, jurys, CCF, visites de PFMP, réunions de fin d’année… chaque fin d’année scolaires, les missions s’accumulent sans véritable cadrage national ni organisation soutenable. Dans de nombreux établissements, les enseignant·e·s doivent répondre simultanément à toutes les sollicitations, parfois sur plusieurs sites, dans des journées devenues impossibles à tenir.
Face à cette situation, l’enquête menée en juin 2025 par la Fep-CFDT a rencontré un très fort écho : 2 633 collègues ont répondu. Ce niveau de participation démontre à quel point le sujet touche directement les personnels et révèle une dégradation préoccupante des conditions d’enseignement et des conditions de travail.
Les réponses proviennent de tous les types d’établissements
Cette enquête confirme une réalité vécue partout : la fin d’année scolaire est devenue une période de surcharge massive.
Les collègues déclarent être massivement sollicités
84,2 % pour des surveillances ;
66,2 % pour des corrections ;
65,4 % pour des oraux ;
29,3 % pour des jurys d’examens ;
21,5 % pour des CCF ;
13,4 % pour des délibérations.
Ces missions ne sont plus ponctuelles. Elles se concentrent sur quelques semaines déjà extrêmement chargées, alors que les personnels arrivent au terme d’une année scolaire éprouvante.
Les conséquences sont lourdes
45,7 % dénoncent une surcharge de travail et des emplois du temps intenables ;
30,8 % évoquent le poids des tâches d’évaluation qui débordent largement sur le reste du travail ;
12,4 % parlent d’épuisement ;
9,6 % subissent les déplacements liés au multi-établissements ;
5,7 % mentionnent directement le stress et les impacts sur leur santé.
Près d’un tiers des répondant·e·s (29,1 %) déclarent avoir cumulé leurs cours avec des missions d’examens sur une même journée.
L’enquête montre également les limites du dialogue local
Parmi les collègues en difficulté, 74,5 % n’ont même pas sollicité leur chef d’établissement, estimant par avance qu’aucune solution ne serait trouvée. Et parmi celles et ceux qui ont demandé un aménagement, 60 % n’ont obtenu aucune réponse satisfaisante. Les mêmes arguments reviennent constamment : manque de moyens, manque de personnels… ou encore l’argument des ORS (Obligations règlementaires de service) utilisées comme justification systématique pour imposer l’ensemble des tâches.
Pour la Fep-CFDT, cette situation n’est plus acceptable
OUI, les examens font partie des missions des enseignant.e.s. Mais NON, ils ne peuvent pas justifier des journées impossibles, des corrections réalisées sur le temps personnel, des déplacements permanents, le cumul des cours et des missions d’examens, une charge mentale et professionnelle devenue excessive.
Le système repose aujourd’hui sur l’investissement invisible des personnels
Mais cet investissement a désormais un coût humain important : fatigue, stress, tensions professionnelles, perte de sens et découragement.
Les conditions d’organisation des corrections dématérialisées aggravent encore la situation. Comment corriger dans de bonnes conditions quand les collègues doivent en parallèle assurer cours, parcours différencié, visites de stage, oraux ou évaluations sur site ?
Parce que l’engagement des enseignant·e·s ne peut pas être considéré comme une ressource inépuisable, la Fep-CFDT continuera d’exiger :
- Un véritable cadrage national des missions de fin d’année ;
- Des organisations soutenables ;
- Une meilleure anticipation des convocations ;
- Une réelle prise en compte des risques psychosociaux ;
- Le respect des personnels et de leurs conditions de travail ;
- Une rémunération juste à la hauteur de l’engagement de l’enseignant·e.