Cours de 50 minutes dans le secondaire : Halte aux dérives
Une réglementation des durées de cours trop souvent négligée ou contournée.
De plus en plus d’établissements mettent en place des cours de 50 minutes. Le but de la manœuvre est de récupérer 5 minutes par séance pour organiser bien souvent des ateliers, de la surveillance, ou dans le meilleur des cas, de l’aide aux devoirs. Elles peuvent aussi être utilisées pour maintenir des options que la Dotation horaire globale (DGH) ne permet plus de proposer. Pour un service de 18 heures, cela équivaut à 1h 30 rendue disponible.
La mise en place de cette expérimentation pédagogique doit s’inscrire nécessairement dans le cadre du décret n°2019-1403 du 18 décembre 2019, applicable aux établissements privés, qui en fixe les contenus (nécessité d’un diagnostic initial, modalités, évaluation…). De ce fait, elle est supervisée par le corps des inspecteurs, tout n’est donc pas permis.
Pour de nombreux établissements, l’administration n’est même pas informée de l’introduction de cette nouvelle durée des cours. La déclaration des ventilations de services ne fait pas apparaître les plages supplémentaires. On note alors une insincérité de celles-ci.
En outre, la durée annuelle de cours dans chaque discipline doit être respectée pour tous les élèves. Force est de constater que cette nouvelle organisation horaire ne permet pas toujours de respecter ce principe. Les contenus des ateliers financés par cette récupération des 5 minutes ne répondent pas forcément aux exigences des programmes.
Les obligations de service des enseignants ne sont pas toujours respectées, quand on constate les tâches qui sont généralement demandées (maintenance informatique, surveillance de devoir…)
Cette nouvelle organisation des enseignements engendre bien souvent un mal-être. Tel enseignant de spécialité se voit ainsi devoir finir le programme avec 30 minutes hebdomadaires en moins. Tel autre se voit attribuer une option de seconde en plus…
Avec l’aide des équipes syndicales Fep-CFDT, il est vivement conseillé d’interpeller les inspecteurs et les services du Rectorat : s’il doit y avoir une modification de la durée des cours, elle doit se faire dans les règles et ne pas engendrer de souffrance au travail.