Témoignages : quand la prévoyance change une vie...

  • Protection sociale

Derrière chaque arrêt long, chaque traitement lourd, chaque période d’invalidité, il y a des enseignants qui tentent de tenir debout, de se soigner tout en préservant leur équilibre financier et familial. Les différents témoignages racontent comment la prévoyance a été un soutien et pourquoi sa disparition serait une épreuve supplémentaire pour ceux qui traversent déjà les moments les plus difficiles de leur carrière et de leur vie.

Les enseignants du privé sous contrat bénéficient aujourd’hui d’une prévoyance obligatoire, un dispositif qui assure un complément de revenus en cas d’arrêt maladie ou d’invalidité, ainsi qu’une rente éducation pour les enfants et un capital décès.

Cette prévoyance, garantie jusqu’au 31 décembre 2026, est aujourd’hui menacée.

Voici 3 témoignages d’enseignantes qui bénéficient ou qui ont bénéficié de la prévoyance.

Laetitia, enseignante certifiée en Arts Plastiques dans un collège à Aix-Marseille.

« J'étais en arrêt et je savais que je ne pourrais pas reprendre tout de suite. J'étais très inquiète car je savais qu'après 3 mois, j'allais perdre la moitié de mon salaire. Ça me faisait peur de reprendre. J'en ai parlé à ma déléguée syndicale qui m'a indiqué qu'il existait une prévoyance et que celle-ci allait compenser la perte de salaire. Je suis allée voir la gestionnaire, j'ai complété les différents documents et transmis les informations à l'institut de prévoyance. À aucun moment, l'établissement, le rectorat ou autre ne m'avait informée que je bénéficiais d'une prévoyance. Le fait d'être syndiquée à la Fep-CFDT m'a permis de connaître cela. Chaque mois, je contacte directement l'institut de prévoyance pour obtenir le complément de revenu. Ça serait 1200€ de perte, en gros. Pour moi, c'est un réel soulagement de ne pas avoir à m'angoisser en plus du burn-out pour la perte de salaire. Ça permet de se reconstruire et de prendre le temps de se soigner."

 

Mme X, professeure des écoles dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

« Je souffre d’un cancer depuis de nombreuses années. Ma maladie étant chronique, j’ai traversé jusqu’à ce jour, des périodes de rémission, mais également des phases de rechute.

Malgré de nombreux efforts pour rester en activité professionnelle, j’ai dû m’arrêter à plusieurs reprises afin de faire face aux différents traitements et interventions chirurgicales qui m’ont été administrés.

À ce jour, la période la plus longue durant laquelle j’ai dû interrompre mon activité, a été d’un an et demi (une année de congé longue maladie à plein traitement, suivie de six mois à demi-traitement). Grâce à notre prévoyance, intervenue durant ces six mois à demi-traitement, j’ai pu maintenir mes revenus à hauteur de 95 % de mon salaire habituel. Étant parent isolé et élevant mon fils seule, cela a été d’un grand secours.

J’ai ainsi pu conserver des revenus décents, ce qui nous a évité de subir un traumatisme supplémentaire lié à d’importantes difficultés financières. J’ai pu me concentrer sur ma prise en charge thérapeutique et nous avons traversé cette période dans des conditions plus acceptables.

Aujourd’hui, face à la disparition probable de notre prévoyance, je suis très inquiète pour l’avenir. Comment les malades pourront-ils traverser ces périodes si éprouvantes où suivre les soins constitue déjà en soi un véritable combat ? Comment vivre la maladie en sachant qu’à tout moment, on risque de ne plus pouvoir payer son loyer, faire ses courses, financer les études de ses enfants ou simplement leur offrir une vie digne, à l’abri de la précarité ?

Quels seront les revenus des personnes qui ne pourront malheureusement pas reprendre le travail en raison de la dégradation de leur état de santé et qui basculeront vers un statut d’invalidité ? La maladie peut toucher chacun, à tout âge, quelle que soit sa situation familiale ou son origine sociale. Certains bénéficieront de conditions plus favorables, tandis que d’autres devront affronter seuls ces épreuves et risqueront de sombrer dans la précarité.

La maladie n’est pas choisie mais subie. Elle fragilise les corps et les esprits. Elle ne doit pas en plus précipiter les familles dans la précarité.

Notre prévoyance est indispensable pour tenter de préserver la dignité des patients et l’équilibre de leurs proches. Protégeons-la ! »

 

Madame Y, professeure en lycée dans l'académie de Lyon. 

"En début d’année, j’ai été diagnostiquée d’un cancer du sein, à l’âge de 36 ans. Le choc provoqué par cette nouvelle, la succession d’examens médicaux et les traitements à mettre en place, dont une opération aux suites assez lourdes, ne m’ont pas permis de continuer à travailler.

J’ai été aussi rapidement préoccupée par ma situation financière, ayant contracté il y a quelques années un prêt immobilier : je savais en effet que nous ne touchons que la moitié de notre paie après trois mois d’arrêt. Heureusement, la CFDT m’a rapidement soulagée en m’apprenant qu’une prévoyance existait pour les enseignants en arrêt long. Cette nouvelle rassurante m’a permis de me concentrer sur la guérison, sur ma famille, sans avoir à me soucier d’une baisse majeure de revenus.

Savoir aujourd’hui que cette prévoyance est menacée est hélas anxiogène et très préoccupant pour les personnes dont l’état de santé nécessite des soins au quotidien, un traitement lourd, ou pour ceux dont l’état physique / psychologique impose de ne plus travailler. J’espère très fort que cette dernière sera maintenue, par solidarité pour tous les collègues qui en ont réellement besoin pour continuer à vivre décemment et se soigner. »

 

Se mobiliser :

Ces témoignages montrent que la prévoyance :

-          préserve le niveau de vie ;

-          évite le basculement dans la précarité ;

-          permet de se concentrer sur sa guérison ;

-          est une protection du pouvoir d’achat.

Il est donc important de rappeler à quel point elle constitue un filet de sécurité pour les personnels : nombreux sont les collègues qui, sans ce complément, auraient basculé dans de grandes difficultés financières.

Nous appelons chacun à se mobiliser dans les établissements pour exprimer son attachement à cette couverture indispensable et à signer la pétition pour son maintien.

Parce que personne ne devrait vivre la maladie ou l’invalidité avec la peur de tout perdre, nous devons nous mobiliser collectivement.

La maladie n’est pas choisie mais subie. Elle fragilise les corps, les esprits. Elle ne doit pas précipiter les familles dans la précarité. Notre prévoyance est indispensable.

M

Madame X, professeure des écoles

FAITES SIGNER LA PÉTITION !!!

Ce sont des vies que la prévoyance protège.

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