Non au dénigrement des agents qui font vivre le service public d’éducation
Les fédérations CFDT de l’Éducation ont porté une parole commune lors du dernier CSE (Conseil supérieur de l’éducation). Elles ont fermement dénoncé la dégradation des conditions de travail des personnels.
Ce jeudi 7 novembre 2024, lors du CSE, les deux fédérations CFDT de l’Éducation se sont exprimées sur les mesures budgétaires et les suppressions de postes, en précisant leurs répercussions sur les conditions de travail.
Des risques sur la santé des enseignants
La CFDT Éducation, Formation, Recherche Publiques précise que les restrictions sur l’indemnisation des congés maladies est une « une vieille recette inefficace qui fait courir un risque grave pour la santé des agents. En effet, toutes les statistiques montrent une diminution des arrêts courts mais une augmentation des arrêts longs. La réalité, c’est que les agents vont travailler malades, augmentant le risque de contagion parmi les élèves et parmi leurs collègues et risquant une aggravation de leur pathologie ». C’est une provocation, car les agents publics de l’Éducation nationale n’ont toujours pas de médecine du travail. C’est aussi une mesure discriminatoire à l’encontre des femmes car elles sont les plus touchées par les arrêts maladies. « Elles seront les plus impactées par ces pertes de salaire punitives, ce qui aggravera l’écart salarial entre les hommes et les femmes (…) C’est une mesure injuste qui va venir dégrader un peu plus les conditions de travail alors que les manques d’effectifs pèsent déjà si lourd sur la santé de celles et ceux qui restent pour assurer la continuité du service ».
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La CFDT s’oppose aux suppressions de postes d’enseignants
La Fep-CFDT, quant à elle, rappelle que « le projet de budget 2025 présenté par le gouvernement envisage la suppression de 4 000 postes d'enseignant·e·s dont 700 dans l’enseignement privé - 660 dans le premier degré et 40 dans le second degré. La raison invoquée par le gouvernement est la baisse démographique. Cet argument est mis à mal si l’on regarde de plus près les données du ministère de l’Éducation nationale. Entre 2007 et 2012, on relève une chute du nombre d’enseignants de 55 000 postes. Depuis, et ce malgré des recrutements, 32 000 enseignants manquent encore par rapport à 2007 ».
Elle poursuit en précisant qu’il faudrait plutôt « en profiter pour améliorer la qualité d’enseignement en diminuant les effectifs par classe » et saisir « l’opportunité pour améliorer la qualité de vie et les conditions de travail des enseignant·e·s ».
Pour conclure, les deux fédérations CFDT de l’Éducation n’ayant pas été entendues par la ministre sur ce point, « elles réitèrent publiquement leur demande en déposant en parallèle un préavis de grève couvrant la période 4 novembre 2024 au 31 mars 2025. L'École ne peut pas être une variable d'ajustement du budget ».
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