DL Fep-CFDT - CSE 11 juin 2026
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La Fep‑CFDT a alerté le ministère sur l’épuisement des équipes, la multiplication des injonctions contradictoires et la perte de sens du métier lors du Conseil supérieur de l’éducation du 11 juin 2026.
En effet, les nouvelles mesures continuent de s'empiler dans la ligne droite du « Choc des savoirs », à l'instar des horaires de maternelle, du concours général du collège et des classes prépa-secondes.
Lors de cette séance, plusieurs textes soumis à l’avis du Conseil supérieur de l’éducation (CSE) ont ainsi cristallisé les inquiétudes de la Fep-CFDT. Derrière des objectifs affichés de renforcement des apprentissages, ces mesures risquent surtout d’alourdir les contraintes pesant sur les équipes et de réduire leurs marges de manœuvre pédagogiques.
Le domaine « questionner le monde » est remplacé par deux champs disciplinaires : « sciences et technologie » et « histoire et géographie-E.M.C. », bornés par des horaires annuels précis - respectivement de 40 et de 50 heures- et une durée hebdomadaire moyenne. Ces dispositions rognent la liberté pédagogique et l’interdisciplinarité, pourtant au cœur du métier dans ces classes. Ces obligations hebdomadaires contraignent en effet à décompter et à segmenter les apprentissages qui ont souvent une portée pluridisciplinaire à l’école primaire, particulièrement au cycle 2. Pour la CFDT, l’indication des horaires annuels suffit pour cadrer les enseignements.
La Fep-CFDT s’était déjà opposée à ce projet ministériel (à lire ici).
Créer un concours général du collège est censé apporter une réponse à la question de la stimulation de tous les élèves au-delà de la pédagogie différenciée. Cette solution paraît absolument toutefois inadaptée.
En effet, la question des moyens alloués pour préparer les élèves et organiser les épreuves de ce concours général n’est pas abordée par le texte dans un contexte de suppressions de postes et de coupes budgétaires.
La CFDT pense qu’il vaut mieux développer la pédagogie par projet pour tous, approche qui a déjà fait ses preuves, notamment à travers des concours déjà existants, tel que le Concours national de la résistance et de la déportation (CNRD). Ce sont dans ces dispositifs qu’il faudrait mettre des moyens, notamment pour récompenser les enseignants qui s’y investissent le plus, et bénévolement. Ces projets fédèrent les classes et permettent à tous les élèves de participer, quel que soit leur niveau. Chacun peut contribuer à une réalisation collective, développer ses connaissances et ses compétences, tout en trouvant sa place. Ils offrent aussi à certains élèves l’occasion de mettre en valeur leurs talents.
Là encore, la Fep-CFDT s’était opposée à ce projet ministériel (à lire ici).
Les textes proposés ne généralisent pas les classes prépa-dseconde mais donnent la possibilité aux équipes de continuer les classes déjà engagées, l’expérimentation devant prendre fin cette année. Ces classes accueillent des élèves volontaires et pas seulement pour ceux ayant échoué au DNB (Diplôme national du brveet). Toutefois, l’ensemble, très injonctif, n’atteint pas son but. Selon les retours des organisations syndicales, les enseignants restent démunis et l’homogénéisation de ces classes ne contribue pas à améliorer la motivation, le niveau et le comportement de ces élèves en grande difficulté.
Sur la photo : Judith Volcot et Damien Gillot