La Fep-CFDT rencontre enfin le ministre de l’Agriculture

  • Nos audiences sous contrat agricole

Mercredi 12 avril, après de nombreuses sollicitations, les représentants des organisations syndicales ont été reçus par Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture. Au menu des discussions : le dialogue social, les conditions de travail et de rémunération, les réformes pédagogiques et l’attractivité du métier.

C’est à l’Hôtel de Villeroy, rue de Varenne, à Paris que Marc Fesneau avait donné rendez-vous aux organisations syndicales du privé temps plein, répondant ainsi aux différentes demandes que celles-ci lui avaient adressées depuis sa nomination en mai 2022. Le ministre était accompagné de sa conseillère à la formation, Dorothée Demailly, et des représentants des services des ressources humaines et de la Direction générale de l’enseignement et de la recherche (DGER). La délégation de la Fep-CFDT était constituée de : Christelle Chauveau de Blanès, Boris Genty, Serge Hastoy, Pascale Lamoine et Laurent Lamberdière. Deux représentantes du Snec-CFTC étaient également présentes.

Le dialogue social, un besoin partagé...

Face à l’agacement, maintes fois exprimé par ailleurs, devant le retard pris pour cette rencontre et suscité, plus globalement, par des concertations quelquefois tronquées, le ministre a indiqué son attachement à un dialogue social plus fluide et plus efficient. Selon lui, seules des contraintes d’agenda et la proximité des élections professionnelles ont agi comme des freins. Il a indiqué vouloir discuter avec les organisations syndicales, malgré le contexte, et au-delà des sujets de crispation et des familles d’appartenance, public et privé. Comme gage de sa volonté de poursuivre le dialogue, il s’est engagé à rencontrer à nouveau leurs représentants d’ici la pause estivale, l’objectif étant de « faire le point sur les sujets abordés aujourd’hui ». La Fep-CFDT répondra bien sûr présente le moment venu. Et saura rappeler cette promesse si cela s’avérait nécessaire...

...sur des sujets récurrents

Les sujets abordés ne sont pas inédits. À commencer par les obligations de service. L’impatience a été redite de voir « le chantier de grande ampleur », promis par la DGER, déboucher sur de réelles avancées pour tous les agents, conformément aux propositions adressées par la Fep-CFDT à cette même DGER en 2022. Un groupe de travail s’annonce, qui devra prendre en compte la demande de reconnaissance et de valorisation de toutes les activités. Le ministre a semblé découvrir le problème, mais néanmoins en prendre la mesure. À suivre...

Concernant les réformes pédagogiques ? auxquelles elle participe activement, tant pour leur conception que pour leur « opérationnalisation » – la Fep a clairement souligné la nécessité de disposer de temps, et surtout de formation, pour les mettre en œuvre. Le constat est partagé par le ministère.

Sur l’attractivité du métier, l’enjeu est bien de recruter et surtout de garder des enseignants au sein de l’enseignement agricole. La demande de réflexion à ce sujet a été entendue et devra aller au-delà du groupe de travail proposé, avec des considérations budgétaires à prendre en compte.

S’agissant enfin des questions salariales, si la nécessité d’une reconnaissance par la rémunération semble faire sens, le ministre n’a pas écarté l’idée de s’éloigner des mesures du Pacte du ministère de l’Éducation nationale ou, en tout cas, de ne pas se contenter d’une simple transposition. Tout cela bien sûr dans le cadre budgétaire alloué. Les représentants de la Fep l’ont redit : « Que l’on nous rémunère déjà correctement pour ce que nous faisons déjà en plus, avant de nous en demander plus pour gagner plus. »

Pour ce qui est de la rupture conventionnelle, Marc Fesneau s’est engagé à considérer cette question au-delà de la réponse habituelle sur le « vecteur législatif ».

Le sujet qui fâche...

Malgré l’atmosphère détendue, s’il est un sujet de crispation qui a retenu l’attention des participants, à commencer par celle du ministre, c’est bien le problème des dysfonctionnements du service des ressources humaines du ministère de l’Agriculture. Les représentants de la Fep-CFDT ont illustré leur propos (d’un tout petit nombre) d’exemples parmi les plus significatifs. Le sujet est bien identifié et relève selon le ministre « d’un manque d’effectifs » au sein du service et non d’une quelconque volonté. À tel point qu’il a obtenu des effectifs supplémentaires pour pallier les défaillances dont les agents subissent les conséquences. Environ une dizaine de postes. Malheureusement, il n’y a pas pléthore de candidats, eu égard au profil de ces postes et de l’importante charge de travail qui incombe à ceux qui les occupent. Cette information n’a rien de nouveau, elle avait déjà été donnée à l’automne dernier. La CFDT a indiqué que devant la colère qui monte concernant les retards, erreurs et oublis en tout genre, décision a été prise de médiatiser ces dysfonctionnements. Il s’agit de créer un électrochoc destiné à faire accélérer le mouvement pour garantir enfin aux agents un service RH qui répondra aux attentes.

Dignité et professionnalisme...

En guise de conclusion à cette rencontre, les représentants de la Fep-CFDT ont remis en main propre à Marc Fesneau une lettre signée des collègues du lycée Anne-Marie Javouhey de Chamblanc en Bourgogne qui a définitivement fermé ses portes le 7 avril dernier ? contrairement aux annonces qui prévoyaient une fermeture en fin d’année scolaire. Un courrier d’une grande dignité, qui souligne le sens des responsabilités d’enseignants qui se refusent à abandonner leur élèves. Un sens des responsabilités qui semble avoir échappé à ceux qui ont décidé d’une fermeture brutale pour les personnels, les élèves et les familles. Comment peut-on en arriver là ·

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