Réformer les rythmes scolaires ? Oui, c’est possible !

Publié le 14/01/2014 à 18H23
Le temps de présence dans l’école est-il allongé, les activités péri-éducatives sont-elles une charge pour les enseignants, les activités péri-éducatives sont-elles une charge pour les enseignants et pour les familles ? Les enfants sont-ils plus fatigués ? ... Des questions auxquelles la Fep répond.  

 

L'ARGUMENTAIRE

Le temps de présence
dans l’école est allongé


Pour ce qui est des enseignants, le temps de classe devant tous les élèves est identique : il est toujours de 24 heures hebdomadaires.
De plus, et cela est applicable à tous les enseignants, à quatre jours ou à  quatre jours et demi, le temps à assurer devant élèves dans le cadre des Activités Pédagogiques Complémentaires est de 36 heures annuelles (équivalent d’ une heure hebdomadaire) au lieu de soixante heures dans le cadre des obligations précédentes (avec la préparation possible) pour l’aide personnalisée.
Quand la durée d’une journée est de 5 h 15 et que la journée des élèves se termine vers 15 h 30 – 15 h 45, les enseignants ont le sentiment réel d’une diminution de la journée de classe. Une fois la sortie réalisée, ils disposent de plus de temps avant de quitter l’école. C’est sur cette organisation que les équipes doivent peser. En effet, venir 5 jours est une contrainte supplémentaire mais des journées raccourcies sont appréciées par ceux qui les pratiquent.

Les activités péri-éducatives sont
une charge pour les enseignants

L’organisation des activités est une charge pour le chef d’établissement, c’est une réalité, notamment lors de la première année de mise en place : concertation avec les collectivités locales, organisation, responsabilité, recherche d’animateurs d’ateliers… Cette charge devrait être reconnue par l'Ogec.
Pour ce qui est des enseignants, ces activités ne relèvent en aucun cas de leurs obligations de service. Aucun enseignant ne peut être contraint d’y participer. Celle-ci est possible, uniquement dans le cadre du volontariat. Dans ce cas-là, ce travail doit être normalement rémunéré.
Quand les activités se déroulent dans les locaux de l’école, le départ des élèves à l’issue de ces activités ne relève pas du service des enseignants. C’est à la sortie de la classe et non à la sortie d’activités péri-scolaires ou de surveillances ou de garderies que les enseignants sont tenus d’en assurer la sécurité.

Les activités péri-scolaires coûtent chères aux familles
C’est la première fois que le temps péri-scolaire fait l’objet d’une prise en charge financière de la part du budget de l’Etat.
Cette prise en charge concerne TOUS les enfants, d’une école privée ou publique, originaire de la commune de l’école ou d’une autre commune, élève de primaire ou de maternelle.
De plus la participation de l’Etat ne dépend pas du nombre d’enfants participant aux activités mais du nombre d’enfants de l’école.
Ainsi, pour une école de 150 élèves, la somme allouée cette année et reconduite l’année prochaine est de 50 ou 100 € par élève, selon le classement de la commune, soit un montant de 7 500 € ou 15 000 €.
Il est vrai que toutes les communes n’ont pas la capacité de mettre en place des activités de même qualité et cela donne un caractère inégalitaire à cette mesure.
Mais sur un même territoire, tous les enfants, quelle que soit leur origine sociale, peuvent bénéficier des mêmes activités. Et quand elles sont de qualité, c’est un plus.
Cet accès de tous les enfants d’un même territoire aux mêmes activités est un facteur de réduction des inégalités sociales, un facteur de cohésion sociale.
La pérennisation du fond d’amorçage et la convention d’objectif et de gestion signée entre la CNAF et l’Etat pour 4 ans 2013-2017 (COG) signée le 16 juillet 2013, prévoyant que la branche Famille accompagne la réforme des rythmes éducatifs selon quatre voies de financement, devraient tranquilliser les élus des grosses et petites communes.

Les enfants sont plus fatigués


Dans le rythme des quatre jours et demi, les enfants sont dans les situations d’apprentissage dans des périodes où ils sont plus réceptifs, ce qui logiquement ne doit pas conduire à accroître la fatigue.
La fatigue des enfants, question bien réelle, n’est-elle pas une question à prendre en priorité par les familles ? Le temps de sommeil des enfants – les heures du coucher le soir ou du week-end – la consommation (raisonnable ?) de l’ordinateur et des consoles de jeux à la maison – la multiplicité d’activités sportives ou artistiques et d’autres facteurs possibles aussi concourent à cet état-là.
L’école n’est pas seule productrice de fatigue. Il serait possible d’envisager une réduction supplémentaire de la durée de la journée de classe, adaptée à l’âge des enfants. Et l’on pourrait envisager une réduction supplémentaire de la durée de la journée de classe, adaptée à l’âge des enfants. 

Et le temps de la catéchèse
(ou du caractère propre) ?

Voici ce que l’on peut trouver dans un premier texte du Sgec en date du 12 février 2013, ainsi que sous une autre forme dans le document du Sgec «Rythmes scolaires, gardons le cap – Repères et outils» d’avril 2013.

Première position du Sgec  - Les activités périscolaires
Elles ne relèvent pas du temps d’enseignement obligatoire pour les élèves. Elles concernent généralement des groupes restreints d’élèves et la participation de ceux-ci à ces activités requiert l’accord des parents.
Selon le projet éducatif et les relations établies avec les collectivités territoriales et associations partenaires de l’école, l’encadrement de ces activités périscolaires sera assuré par des personnels de l’établissement ou des intervenants extérieurs, toujours placés sous la responsabilité du chef d'établissement.
Dans certaines situations, ces activités pourront se dérouler en dehors de l’établissement. On veillera alors, par des conventions écrites et connues des parents, à établir précisément les conditions du transfert de responsabilité d’encadrement des élèves concernés.
Dans un établissement catholique d’enseignement, ces activités comprennent l’heure de catéchèse ou d’activités pastorales.

 2ème position du Sgec

Exemple d’organisation de la semaine

tableau


Temps d’enseignement  = 3 h + 2 h 15 = 5 h 15 par jour
Soit 21 h pour les 4 jours + 3 h le mercredi
Total = 24 h

Le temps du caractère propre est dissocié du temps de service des enseignants. Le document produit cinq exemples différents, plaçant toujours le temps de caractère propre en dehors du temps d’enseignement, et toujours dans le temps péri-colaire.
L’heure supplémentaire (27ème heure ou 28ème heure) qui peut être proposée par un établissement trouve tout à fait sa place dans les activités péri-scolaires alors qu’elle n’a jamais eu lieu d’être dans le temps de service des enseignants. Placée en dehors du temps scolaire, elle concourt à la réduction de la journée de classe de l’élève.
Il est toujours possible pour un enseignant volontaire de réaliser cette activité à ce moment-là.

C’est trop de travail d’organiser les activités péri-scolaires
D’abord, ces activités ne sont pas obligatoires pour les enfants, elles ne sont qu’une possibilité ouverte aux familles.
De plus, elles ne sont pas du ressort des enseignants, cela ne fait pas partie de leurs obligations de service, même si on ne peut séparer indistinctement tous ces temps de l’enfant.
Les enfants ont la possibilité de rentrer chez eux, dès la fin de la classe. C’est le cas d’un nombre non négligeable d’enfants. Par ailleurs, un certain nombre de parents va aussi, au fil du temps, en fonction des possibilités de leur activité professionnelle, organiser des horaires de sortie adaptés à la sortie de l’école. C’est ce qui s’était déjà passé lors du passage à 4 jours.

Pour l’organisation de ces activités, il n’y a pas de règle unique.
- chaque fois que cela est possible, après concertation, les activités peuvent être organisées par la collectivité locale de référence (mairie…)

- des associations locales peuvent aussi avoir vocation à organiser  ces temps de l’enfant (centre socioculturel – centre de loisirs – associations familiales…)

- la mise en place d’un coordinateur ou d’une coordinatrice peut soulager, libérer le chef d’établissement, 

En gardant les quatre jours, des familles vont venir chez nous

Un mauvais argument
Peut-être en sera-t-il un vis à vis des familles qui veulent conserver le mercredi matin pour des activités particulières et du confort de vie familiale.
Mais s’il n’y a plus de centre de loisirs le mercredi matin, que faire des enfants si cette solution-là était utilisée ? Et si les activités péri-scolaires dont vont bénéficier les enfants scolarisés dans le public faisaient envie aux familles, quel choix vont-elles faire ?
Et que dire du choix d’une école qui mettrait en avant la satisfaction d’une clientèle, voire un argument de concurrence au détriment d’un choix mettant en avant l’enfant et les conditions d’apprentissage ?
Ne s’expose-t-on pas non plus en tournant le dos majoritairement à cette réforme, même de manière légale puisque le la mise en place n’est pas obligatoire pour un établissement sous contrat, à la publication d’un décret limitant la durée d’une journée de classe. Celle-ci est de 5 h 30 pour les écoles à 4,5 jours (avec dérogations possibles). Pourquoi demain ne deviendrait-elle pas la règle de toutes les écoles de France et de Navarre ?
Que deviendront ces écoles dans deux ou trois ans quand elles se rendront compte que le rythme de vie tout autour d’elles a changé ? Sont-elles prêtes à ignorer le changement culturel qui peu à peu va s’instaurer au sein de notre société ?
D’autre part, les très récentes études Pisa ont confirmé la nécessité de revoir notre système scolaire pour réduire l’échec scolaire toujours trop important et réduire les inégalités sociales. Les journées de classe sont toujours aussi longues, avec le mercredi en plus

Aspect conditions de travail des enseignants
Pour ne pas se retrouver avec des journées au final aussi longues que dans une semaine à quatre jours, il faut vraiment «rentabiliser» le temps passé à l’école en exigeant :
- Que les concertations aient lieu pendant les TAP*,
- Que les APC aient lieu en même temps que les TAP*,
- Que les activités aient lieu en dehors des salles de classes.
- Que du matériel informatique soit mis à disposition pour pouvoir travailler : préparer, corriger, afficher, bref faire tout ce qui hors du face à face pédagogique.

D’autre part cela peut être le bon moment pour "sortir la deuxième heure" pour ceux qui la subissent. Elle peut être désormais positionnée sur du temps péri scolaire…..
TAP : Temps d’Activités Péri-scolaire