Victimes dans l’industrie textile au Bangladesh : les marques s’en soucient-elles

Publié le 18/09/2013 à 08H15
Peuples Solidaires et le Collectif Ethique sur l’étiquette appellent toutes les marques qui y ont été conviées, dont Benetton, Mango, Walmart et les enseignes françaises Carrefour, Teddy Smith, Camaïeu et Auchan à participer aux réunions organisées par la fédération syndicale internationale IndustriALL à Genève les 11 et 12 septembre 2013, pour discuter de l’indemnisation des victimes des drames de Tazreen et du Rana Plaza au Bangladesh.


Communiqué de presse


Peuples Solidaires et le Collectif Ethique sur l’étiquette appellent toutes les marques qui y ont été conviées, dont Benetton, Mango, Walmart et les enseignes françaises Carrefour, Teddy Smith, Camaïeu et Auchan à participer aux réunions organisées par la fédération syndicale internationale IndustriALL à Genève les 11 et 12 septembre 2013, pour discuter de l’indemnisation des victimes des drames de Tazreen et du Rana Plaza au Banglades
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Peuples Solidaires et le Collectif Ethique sur l’étiquette demandent aux marques et enseignes de prendre des engagements fermes en termes de compensation financière des victimes et de développer collectivement un mécanisme garantissant une indemnisation juste et transparente des personnes affectées et de leurs familles. Une réelle coordination, dans les deux cas, est essentielle. L’incendie de Tazreen, le 24 novembre 2012 a fait au moins 112 morts et l’effondrement du Rana Plaza, le 24 avril 2013, au moins 1133 morts, et davantage encore de blessé-e-s. Les montants d’indemnisation déjà versés restent largement insuffisants et n’ont fait l’objet ni d’une coordination, ni d’une information  transparente.

« Les victimes de l’incendie à Tazreen attendent depuis  plus de 8 mois une indemnisation complète et les victimes du Rana Plaza luttent pour survivre depuis que le bâtiment s’est effondré en avril » rappelle Vanessa Gautier, de Peuples Solidaires pour le Collectif de l’Ethique sur l’étiquette. « Ces personnes ont tout perdu : leurs proches, leur moyen de subsistance, leur emploi ; l’impact psychologique est incommensurable. Elles méritent mieux que le mépris des multinationales pour lesquelles elles produisaient».

 Pour le Rana Plaza, l’indemnisation à long terme est estimée à plus de 54 million d’euros, et pour Tazreen, à 4,3 millions d’euros. Ces montants incluent les dommages et intérêts pour préjudice moral, ainsi qu’une pension pour les familles des personnes décédées et des personnes blessées qui ne peuvent reprendre le travail. Les montants pourraient augmenter une fois qu’y seront ajoutés les frais médicaux des blessé-e-s, l’accompagnement psychologique nécessaire, ou encore le paiement des salaires non perçus et des indemnités légales pour celles et ceux qui ont perdu leur emploi.

 Sur la base d’un processus collaboratif, les réunions à Genève doivent établir les montants des indemnisations et le mécanisme de distribution aux victimes et à leur famille. Le processus se base sur un cadre déjà développé lors de précédents accidents dans l’industrie textile au Bangladesh. Les discussions ont déjà été entamées concernant le cas Tazreen et plusieurs marques s’étaient engagées à payer. Cependant le processus a été suspendu à l’issue du drame du Rana Plaza, qui a fortement mobilisé toutes les parties prenantes, notamment autour de l’Accord sur les incendies et la sécurité des bâtiments au Bangladesh. Les discussions se poursuivront donc le 11 septembre pour Tazreen et débuteront le 12 septembre pour le Rana Plaza.

* Il a été demandé à l’ensemble des marques de confirmer leur participation avant le 6 septembre auprès d’IndustriALL

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