Conférence de l'IE: l'enseignement supérieur et la recherche sont des services publics

Publié le 04/12/2012 à 14H15
Les affiliés de l'IE se sont fermement engagés à défendre et à promouvoir les droits professionnels, académiques, syndicaux et humains du personnel de l'enseignement supérieur. Cet engagement a été pris dans le cadre de la 8e Conférence sur l'enseignement supérieur et la recherche de l'IE, réunie à Buenos Aires du 25 au 27 septembre.
Conférence de l'IE: l'enseignement supérieur et la recherche sont des services publics
Conférence de l'IE: l'enseignement supérieur et la recherche sont des services publics
Les affiliés de l'IE se sont fermement engagés à défendre et à promouvoir les droits professionnels, académiques, syndicaux et humains du personnel de l'enseignement supérieur. Cet engagement a été pris dans le cadre de la 8e Conférence sur l'enseignement supérieur et la recherche de l'IE, réunie à Buenos Aires du 25 au 27 septembre.

Les questions essentielles débattues à la Conférence ont notamment porté sur la commercialisation et la marchandisation de l’enseignement et de la propriété intellectuelle, la précarisation de l’emploi dans le secteur, l’introduction de méthodes de gestion à but lucratif propres au secteur privé dans les institutions éducatives, ainsi que la privatisation des services.

Au cours de la cérémonie de clôture de la conférence, accueillie par la Confederación Nacional de Docentes Universitarios (CONADU), affilié de l’IE en Argentine, le consultant extérieur David Robinson a présenté les conclusions générales de la Conférence.

Il s’agissait notamment de recommandations adressées au Bureau exécutif et au Secrétariat de l’IE, telles que l’adoption de la Déclaration politique sur les droits d’inscription. Cette déclaration stipule que des droits d’inscription ne peuvent être exigés et que, lorsqu’ils existent, ceux-ci doivent être progressivement réduits jusqu’à leur suppression totale.

Graham McCulloch, membre du Bureau exécutif de l’IE, a rappelé aux participant(e)s que l’enseignement supérieur et la recherche sont des droits fondamentaux, comme mentionné dans le Document politique de l’IE sur l’éducation, adopté lors du dernier Congrès mondial.C’est pourquoi il incombe aux autorités publiques de garantir que ce secteur soit un service public accessible à toutes et à tous.

Au nom de l’IE, McCullogh a également exprimé sa profonde reconnaissance à la CONADU pour son accueil chaleureux et son hospitalité durant l’événement.

Le Coordinateur régional principal pour l’Amérique latine, Combertty Rodríguez, a mis l’accent sur l’importance majeure de ce forum mondial : «Les néolibéraux ne cessent de nous répéter que les syndicats seront un jour condamnés à disparaître. Cette conférence prouve tout le contraire et démontre l’ineptie de leurs prévisions».

Bâtir la solidarité internationale

Les représentant(e)s de l’enseignement supérieur et de la recherche se sont montré(e)s fermement déterminé(e)s à renforcer la coopération, à échanger l’information et les bonnes pratiques dans le cadre des campagnes, de la syndicalisation et de la négociation collective, ainsi qu’à promouvoir l’équité au sein du secteur. L’accent a été mis en particulier sur la nécessité de renforcer la solidarité internationale, ainsi que les initiatives en matière de coopération au développement.

Afin de faire un premier pas dans ce sens, l’ensemble des participant(e)s ont signé une lettre de solidarité avec le Professeur colombien Miguel Angel Beltrán, poursuivi pour ses travaux universitaires et condamné à deux ans de prison, durant lesquels il a été soumis à la torture et à des traitements dégradants.

La lettre de solidarité de l’IE (en anglais) vise à obtenir une prolongation de son séjour hors de Colombie afin de lui permettre de poursuivre ses travaux, en attendant que les autorités colombiennes prennent des mesures pour garantir sa protection dans son pays d’origine.

Faire pression sur les gouvernements au niveau mondial

Lors de la cérémonie inaugurale de la Conférence, le Secrétaire général de l’IE, Fred van Leeuwen, a examiné les défis auxquels est confronté le secteur. « Les différents secteurs de l’enseignement supérieur sont tous confrontés aux mêmes problèmes et, en réalité, la plupart de ces problèmes représentent des défis mondiaux auxquels il faut apporter des réponses mondiales», a-t-il souligné.

Il a également précisé qu’une action cordonnée devait être menée au niveau mondial afin de garantir la qualité et l’égalité au sein du système d’enseignement public, en créant les conditions nécessaires pour que les gouvernements nationaux investissent des montants suffisants dans le secteur. « Lors de nos interventions auprès de l’UNESCO, l’OCDE, la Banque mondiale, le G-20 et le FMI, nous avons systématiquement insisté sur le fait que l’investissement dans l’éducation publique est un facteur indispensable pour répondre à la crise actuelle», a déclaré van Leeuwen.

L’enseignement supérieur n’est pas à vendre

Le problème de la précarisation prend de l’ampleur au niveau mondial. A titre d’exemple, en Amérique latine (à l’exception du Brésil), près de 80 pour cent des enseignant(e)s universitaires sont ce que l’on appelle des «profs-taxi», autrement dit, des professeur(e)s embauché(e)s sous contrat temporaire ou, le plus souvent, rémunéré(e)s au prorata des cours donnés, et contraint(e)s de faire la navette entre différents établissements scolaires pour tenter de gagner leur vie. 

A cet égard, les participant(e)s ont reconnu la nécessité de collecter auprès des affiliés des informations sur la situation des employé(e)s de l’enseignement supérieur et des chercheurs/euses en début de carrière engagé(e)s sous contrat précaire et temporaire.

Autres questions examinées : la défense de la recherche dans l’intérêt public ; la contestation des politiques de reddition de comptes telles que les classements des universités ; la syndicalisation des futur(e)s enseignant(e)s, des chercheurs/euses et des enseignant(e)s en début de carrière ; ainsi que le respect de l’égalité et de la diversité au sein du secteur.

Les participant(e)s ont également examiné les conséquences des mesures d’austérité sur le secteur au niveau mondial et ont discuté de la manière dont les syndicats de l’enseignement supérieur et de la recherche pourraient défendre plus efficacement la profession par le biais de la syndicalisation, de la mobilisation et de l’action politique.

Force de l’IE

«Ensemble, nous sommes plus forts et nous pouvons surmonter les nombreux défis auxquels sont confrontés les institutions, les syndicats, le personnel et les étudiants de l’enseignement supérieur et de la recherche dans le contexte actuel de la crise économique et politique», a déclaré le Secrétaire général adjoint de l’IE, David Edwards, avant d’ajouter : « L’Internationale de l’Education, c’est votre organisation. Elle tire sa force de celle de tous ses affiliés. »

La 9e Conférence internationale sur l’enseignement supérieur et la recherche est prévue en 2014, dans la Région Afrique.

  

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