Les conditions de travail des enseignants-résultat de l'enquête

Publié le 07/01/2013 à 15H20 (mis à jour le 08/01/2013 à 15H24)
La Fep s’engage depuis deux ans dans la prévention de la santé au travail et des conditions de travail. Pour cela la Fep vous propose dans cette rubrique : Des informations - Une foire aux questions - Des textes juridiques - Des liens - Des outils

 Les résultats de l'enquête flash
sur les conditions de travail des enseignants de l'enseignement privé

 Les résultats de l’enquête flash, éloquents quant aux dégradations de l’exercice du métier, rejoignent en cela les différentes études et rapports parus sur le sujet ces derniers temps et :

  • font le point sur ce qui s'est détérioré dans les conditions de travail des enseignants depuis 5 ans (date de la précédente enquête de la fep) ;
  • présentent les priorités d'actions préconisées par les enseignants,
  • montrent l’impact des dégradations et les variations des préconisations selon le statut des enseignants

 Plus de 6 000 enseignants ont répondu à cette enquête entre février et mars 2012.

 
Nous mettons à vot
re disposition l'enquête flash  powerpoint ainsi qu'un PDF ci-dessous.



«Un peu de stress ne fait pas de mal !» ?

Selon des idées répandues, le bon stress permettrait aux personnels de donner le meilleur d’eux-mêmes, tandis que le mauvais stress rendrait malade.
Attention, il ne faut pas confondre le « stress » avec la motivation ou l’implication.
Il n’y a pourtant scientifiquement ni bon, ni mauvais stress, mais un phénomène d’adaptation du corps rendu nécessaire par l’environnement.
Quand la pression (stress de défi) est ponctuelle et qu’elle est acceptée par la personne, ses conséquences peuvent être supportables dans certaines limites. Certaines personnes ressentent même le besoin de travailler en situation de pression pour se motiver, être plus créatif, plus efficace… De cette façon, elles parviennent à répondre à une demande urgente et en tirent alors une certaine satisfaction.
En revanche, quand la pression est subie par la personne et surtout quand elle dure (stress chronique, de menace ou de perte de ressource), elle finit toujours par avoir un coût pour l’organisme.

 Dans ce type de situation, la personne tente et continue de faire face à des exigences professionnelles qui dépassent ses ressources. Son organisme, constamment sollicité, s’épuise.

C’est quoi le stress ?

«Un état de stress survient lorsqu’il y a déséquilibre entre la perception des contraintes qu’une personne a de son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face. Bien que le processus d’évaluation des contraintes et des ressources soit d’ordre psychologique, les effets du stress ne sont pas, eux, uniquement de même nature. Ils affectent également la santé physique, le bien-être et la productivité ».

Définition de l’Agence européenne pour la santé et la sécurité au travail de Bilbao

Le Bureau International du Travail, en 2003, l’a défini comme le problème le plus grave de notre temps, il produit les plus grandes dépenses de santé…

 L’enseignant est-il concerné
par le stress ?

Dans un environnement serein, on parle de stress « positif ou de défi » lorsqu’un enseignant, le jour de la rentrée, porteur de projets enthousiasmants, commence ses cours.
Mais lorsqu’au bout d’un mois, aux prises avec une classe trop difficile, il peut se trouver en situation de stress de « menace » : inquiétude de ne pas tenir sa classe, de ne pas faire le programme, d’être chahuté…
Il accumule alors des efforts pour faite face à une situation perçue comme aversive.
Les premières manifestations physiologiques apparaissent : problèmes de migraines, de lombalgies, problèmes digestifs. Ces symptômes classiques du stress sont aussi des indicateurs du seuil de rupture.
Quand ce seuil est atteint, des problèmes de santé plus importants de type cardiovasculaires et affaiblissement général du système immunitaire se développent.

 Le stress, est-il un problème de fragilité individuelle ?

Toutes les personnes, quelle que soit leur personnalité ou leur histoire, peuvent être exposés au stress et en souffrir.
Ce sont bien souvent des personnels expérimentés, impliqués dans leur travail, qui exprimeront les premiers, un mal être dans une organisation trop perturbée.
Le stress devient néfaste lorsque le métier dans lequel on pouvait trouver de quoi construire une image valorisée de soi, ne remplit plus ce rôle de valorisation narcissique. Au contraire plutôt que d’entretenir la protection nécessaire à chacun, il est lui-même producteur de blessures, les défenses ne fonctionnant plus, l’énergie n’est plus créatrice.
Le collectif, le vivre ensemble, se délite progressivement et les sujets sont de plus en plus isolés.
On observe alors des discours de honte, la peur de parler, parfois même la  terreur devant le comportement de certains élèves (vus comme des hordes violentes et non plus des enfants). Le métier devient un acte solitaire et honteux qui rend malade. Le métier, la relation éducative ne protègent plus, ils affaiblissent les personnes.
La difficulté éprouvée malgré tout individuellement, doit toujours, en contexte professionnel, s’inscrire dans un collectif de travail, et cela, pour éviter la stigmatisation de l’individu.

  Vidéo : Colloque : Les conditions de travail des enseignants
               (Francis Moreau interrogé par Isabelle Morlaas)