Newsletter Agricole n° 81 : Attractivité de l’enseignement agricole : un nécessaire dialogue

Publié le 27/09/2019

En février 2019, le ministre Didier Guillaume a annoncé un vaste plan de communication, ciblant surtout les jeunes, pour inverser la courbe des effectifs avec l'objectif affiché de "200 000 apprenants" en 2021… En réalité, en cette rentrée, où en sommes-nous ? Les chiffres ne sont pas encore consolidés mais l’enseignement agricole public voit son nombre d’élèves augmenter sensiblement. En revanche, l’enseignement agricole privé temps plein accuse à nouveau une baisse d’environ 1,3 % (soit 580 élèves en moins). Autant dire que certaines classes, voire un ou plusieurs établissements, risquent fortement de fermer à la rentrée prochaine. La Fep-CFDT est un partenaire solide du dialogue social : pour éviter de subir ces décisions, les personnels doivent être informés et consultés sur les orientations envisagées.

Pour enrayer cette baisse des effectifs, les fédérations (Cneap, Unrep) ont fait des propositions au ministère. Si certaines peuvent apparaître pertinentes, il en est d’autres absolument irrecevables : souplesse et fluidité des contrats, statut enseignant/formateur… De même, pour la Fep-CFDT, la mixité des publics (élèves et apprentis), présentée comme la "solution miracle", est loin de constituer la seule réponse à ce déficit d’attractivité de l’enseignement agricole privé.
D’autres solutions s’imposent. Les attentes sociétales doivent nécessairement influencer l’évolution de l’enseignement agricole. Plus que jamais, le dialogue entre les agriculteurs et le reste de la société est nécessaire pour éviter des accusations hâtives des uns et des autres. Certains polluent et d’autres exigent des produits plus sains ; des villes grignotent les territoires agricoles tout en développant une agriculture urbaine et des territoires ruraux se désertifient, avec un sentiment d'abandon des populations laissées sans services essentiels ; de nouvelles compétences sont exigées pour faire face au vieillissement de la population et les métiers du soin à la personne ne sont pas rendus attractifs… Bref, autant de problématiques qui obligent l’enseignement agricole à évoluer. SUIVEZ LE LIEN