PARLONS RETRAITE

Publié le 15/11/2018

Tout au long de la concertation sur les retraites, la Fep-CFDT donne la parole aux personnels. Voici quelques témoignages déposés sur notre plateforme mise en place à cette occasion. Vous aussi, enrichissez la réflexion de la CFDT en nous envoyant votre contribution.

Déposez ici
votre témoignage

 

Isabelle, 61 ans

 

 

    


Née en juin 1957, il me faut valider 166 trimestres pour un départ à l’âge légal de 62 ans à taux plein.
 J’ai travaillé tout au long de ma vie et j’ai eu deux enfants.En juin 2019, j’aurai 62 ans et 168 trimestres cotisés. Avec les 16 trimestres pour enfants, cela me fera un total de 184 trimestres. Mais avec les règles actuelles ces trimestres supplémentaires ne me donnent pas droit à une surcote ! Et je n’aurai pas non plus la possibilité de partir à la retraite avant 62 ans alors même que j’aurais acquis le nombre de trimestres nécessaires pour le taux plein avant mes 62 ans. En quoi mes maternités et l’éducation que j’ai donnée à mes enfants sont reconnues puisque ces trimestres supplémentaires ne m’apportent aucun droit ? D’autant plus que selon les statistiques, les femmes ont des rémunérations en moyenne inférieures de 18,6 % (source Insee) à celles des hommes. 

 

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Antoine, 70 ans

 

 

    


Je suis enseignant sous contrat avec l’Etat. Né en janvier 1948, j’étais encore en activité l’année scolaire 2015/2016
. Je suis rentré tardivement dans la vie active à l’âge de 30 ans. Malgré mes 68 ans, j’ai demandé des dérogations pour pouvoir poursuivre mon activité d’enseignement étant donné que j’avais encore un enfant scolarisé au collège (en 3ème) et un crédit immobilier à rembourser. Des dérogations m’ont été accordées mais j’ai été mis à la retraite d’office en juin 2016 pour limite d’âge. Je n’avais alors que 137 trimestres. Au cours de ma carrière professionnelle, j’ai eu plusieurs périodes d’inactivité et de chômage avant d’entrer dans l’enseignement en tant que remplaçant. Pendant de longues années j’ai perçu le salaire indigent de maître auxiliaire. Je n’ai été titularisé qu’à 66 ans. Mais avant ma titularisation, j’avais de nombreux frais de déplacement pour assurer des remplacements aux quatre coins de l’académie, sans bénéficier de défraiement. Maintenant que je suis à la retraite, je ne touche qu’une faible pension qui me permet difficilement de subvenir aux besoins de mon enfant.

 

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Anonyme, 60 ans

 

 

    

Cadre éducatif dans un collège, je suis né en 1958 mais n’ai débuté une activité professionnelle qu’en 1986. En 2020 (62 ans) j’aurai 34 ans de cotisations et 136 trimestres validés. Mon activité est de plus en plus difficile. Dans le système actuel, il faudra pourtant que je continue au moins jusqu’à 67 ans pour obtenir une retraite à taux plein. Arriverais-je encore remplir ma mission correctement ?

 


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Véronique

 

 

    

Quand je me suis mariée, mon mari avait la garde de ses 2 enfants de 5 et 8 ans. Nous les avons élevés conjointement, ainsi que le 3ème que nous avons eu ensemble. Ils ont tous fait des études et sont restés à charge jusqu’à plus de 18 ans… Mais comme les aînés avaient plus de 4 ans quand la garde a été confiée au père, aucun de nous ne bénéficie des trimestres pour éducation des enfants et je ne perçois pas la majoration du montant de la pension de 10 % pour 3 enfants !

 


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Christiane, 65 ans

 

 

    

Enseignante, divorcée depuis 5 ans, née en 1953, je pourrai partir à la retraite à taux plein le 1er mars 2020. Or, j’ai encore un enfant à charge de 20 ans qui poursuit de longues études. Dans le système de retraite actuel, je ne pourrais pas continuer après cette date du 1er mars 2020. Est-ce avoir le choix de son départ à la retraite ? 

 


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Adrien

 

 

    


Cas d’un mineur qui a été frappé par une grave maladie avant sa majorité et dont l’hospitalisation prolongée a retardé de plusieurs années ses études et son entrée dans la vie active.
 Si des mécanismes de solidarité existent pour les périodes d’incapacité ou d’invalidité des actifs, ce n’est pas le cas pour les personnes qui ne sont pas encore rentrées dans la vie active mais qui sont pourtant pénalisées.

 


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Chrislène

 

 

    


Cas d’une femme (enseignante de la Martinique) qui est entrée dans la vie active que très tardivement (la quarantaine ou la cinquantaine passée), pour être restée femme au foyer de longues années, et dont le mari a demandé le divorce avant qu’elle ne parte à la retraite. Obligée à poursuivre son activité le plus longtemps possible au-delà de 62 ans (mais qui sera frappée par la limite d’âge de la fonction publique). Elle ne touchera pas de pension de réversion et le montant de sa pension sera très faible (pour avoir peu cotisé et peu d’années). 

 


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