Déclaration préalable de la Fep au CSE du 21 janvier 2016

Publié le 22/01/2016

Madame la ministre,
Au vu de la situation actuelle, concernant les salaires et les difficultés de la mise en œuvre de la réforme du collège, nous pouvons comprendre la tentation pour certains de participer au mouvement du 26 janvier. Mais ne  nous leurrons pas, il ne permettra pas de répondre aux attentes légitimes des personnels.

Concernant les salaires, rien n’interdit aux organisations syndicales à l’initiative de la mobilisation de demander plus que ce qu’elles ont rejeté. Encore faut-il que ce qui a été obtenu par d’autres, dont la CFDT, soit connu et reconnu : amélioration notable des rémunérations des fonctionnaires et assimilés,  avec une amélioration des débuts de carrière pour rendre les métiers plus attractifs et des déroulements de carrières plus équitables assurant un droit à la promotion de tous les agents et un rendez-vous salarial annuel qui doit permettre le dégel du point d’indice très rapidement. Il faudra convaincre les collègues du bien-fondé du refus de la signature …

Concernant la réforme du collège, depuis qu’elle est annoncée, la Fep-CFDT agit pour que les conditions de sa mise en œuvre soient réunies. Elle a posé en ce sens 4 exigences :

-       Aucune perte sèche d’emploi,
-       Une élaboration concertée de la mise en place de la réforme,
-       Une formation de qualité,
-       Des temps de réflexion et d’élaboration de projets pris sur le temps de travail.

Aucune perte sèche d’emploi
La suppression brutale de classes bilangues et de sections européennes est une erreur : il aurait fallu un travail et une réflexion sur plusieurs années. Malgré nos démarches auprès du ministère, des responsables de l’enseignement catholique et des organisations de chefs d’établissements, force est de constater que les témoignages qui nous remontent parlent d’annonces par des chefs d’établissements que la réforme va générer des pertes d’heures, principalement en technologie et en allemand, ou contraindre à enseigner sur plusieurs établissements. Nous communiquerons les noms des établissements concernés pour que vos services puissent le vérifier nationalement et localement.

Une élaboration concertée de la mise en place de la réforme  
Même si on constate des progrès depuis la rentrée, la concertation ne va pas de soi dans le privé. Que dire de la situation d’établissements où le contenu de l’AP sur les 4 années du collège et les thèmes des EPI sont déjà imposés sur les 3 années du cycle 4 sans aucune concertation avec les enseignants, d’autres où l’on annonce la « non-mise en place » de la réforme car dixit … « on le fait déjà tout ça » ! Les enseignants ont le sentiment  que l’autonomie annoncée va surtout signifier une très grande disparité selon les établissements et pire, une très grande autonomie du seul chef d’établissement.

Une formation de qualité
Si nous nous réjouissons de la confirmation récente de l’engagement financier du ministère sur ce point, les incertitudes sur le financement des formations ont engendré un retard dans la mise en place de celles-ci ; les formations annoncées sont très disparates selon les régions : très associé au public dans certaines académies ; exclu du public dans d’autres … et l’on s’interroge sérieusement sur la réelle disponibilité des formateurs contactés.

Des temps de réflexion et d’élaboration de projets pris sur le temps de travail
Des temps de concertation devraient être inscrits sur le temps de travail : la mise en place simultanée de la réforme sur les 4 années suscite de l’incompréhension, des inquiétudes, voire du rejet et un surcroit de travail évident quand il faut à la fois repenser les programmes sur un cycle entier de 3 ans, faire évoluer ses pratiques d’évaluation et imaginer de nouvelles activités interdisciplinaires. Certains chefs d’établissements font fort dans l’anticipation, certes nécessaire, en faisant travailler leurs enseignants un mercredi après-midi sur deux depuis septembre !

Tout cela ne nous rassure guère … vous l’avez bien compris. Contrairement à d’autres, nous pensons qu’une réforme du collège est incontournable, celle-ci a le mérite de la cohérence. Mais comme le soulignait le comité de suivi de la loi de la refondation, il semble que « la mise en œuvre de la loi ait  détourné les acteurs de la représentation qu’ils se faisaient de sa cohérence globale ».

Faible appropriation par les uns, détournement par les autres, résistance des héritages rendent cette réforme illisible  pour les personnels parce que les moyens ne sont pas à la hauteur des enjeux et le sens ne leur est pas offert. Nous le redisons, si la situation perdure, nous allons dans le mur. 

Cfdt FEP PARIS O H