Bilan de l’enquête n°2 sur la réforme de la voie professionnelle

Publié le 01/11/2019 (mis à jour le 28/11/2019)

Dans le prolongement de la première enquête sur la réforme de la voie professionnelle, la Fep-CFDT a voulu connaître le point de vue des enseignants de la voie professionnelle sur l’orientation des élèves de seconde bac pro, la charge de travail des enseignants en matière d’orientation, les modalités d’évaluation des épreuves d’examen du bac pro et l’adaptation du diplôme en fonction des besoins des entreprises.   
BILAN

 

Concernant l’orientation des élèves de seconde bac pro


Les enseignants déclarent dans une large majorité ne pas bénéficier d’heures de préparation à l’orientation. Parmi les rares enseignants qui bénéficient d’heures de préparation, très peu ont été formés pour la prise en charge de l’orientation. En revanche, ceux-ci ont majoritairement déjà abordé l’orientation avec leurs élèves depuis le début de l’année en développant notamment des thèmes aussi variés que la connaissance de soi, des métiers, la préparation à la recherche d’une période de PFMP, parcoursup, le choix de la filière et les différents métiers auxquels elle prépare. A noter également que très peu des enseignants ayant répondu à l’enquête sont professeurs principaux en seconde mais que ceux qui le sont ont déjà abordé l’orientation avec leurs élèves à partir de thèmes comme l’orientation post-seconde, l’option en première, les attitudes professionnelles attendues en entreprise, les métiers des différentes filières…

Concernant l’enseignement en seconde famille de métiers 
(que ce soit en enseignement pro, en préparation à l’orientation
ou en qualité de professeur principal)


Un peu plus de la moitié des enseignants ayant répondu à l’enquête sont concernés. Quasiment la moitié d’entre eux déclare avoir abordé l’orientation dans les métiers de la famille avec leurs élèves depuis la rentrée notamment les différentes familles de métiers et leurs débouchés. Notons que les enseignants ignorent dans une large majorité si certains élèves envisagent de quitter l’établissement pour choisir un métier de la famille qui n’y est pas enseigné. En revanche, à ce stade de l’année, beaucoup d’enseignants déclarent savoir si leurs élèves envisagent de poursuivre la formation en apprentissage.

Beaucoup d’enseignants ayant participé à l’enquête reconnaissent avoir abordé l’orientation avec leurs élèves les années précédentes. Leur souvenir de cette expérience est globalement plutôt négatif et insiste sur les difficultés à faire de l’orientation quand on n’est pas formé, qui plus est souvent sur les heures de cours. Les enseignants pointent également le caractère chronophage de la préparation à l’orientation pour un résultat pas toujours probant dans la mesure où cette préparation n’est pas relayée dans les familles.
A cela s’ajoute le fait que les élèves choisissent souvent par défaut leur orientation et ne la prennent donc pas toujours au sérieux. Dans ces conditions, certains enseignants n’y voient rien de constructif et déplorent la perte de temps que cette préparation leur impose. Néanmoins, certains enseignants reconnaissent que la préparation à l’orientation est primordiale pour éviter les erreurs de parcours et pour permettre des choix mûris. Cette préparation joue également un rôle non négligeable sur la motivation des élèves. Ils reconnaissent en outre que le travail qu’ils fournissent à cette occasion est enrichissant, intéressant ; certains sont même amenés à construire des outils pour optimiser cette préparation. Globalement, la grande majorité des enseignants déclarent que cette préparation accroît leur charge de travail.


Concernant l'examen et les modalités d'évaluation
 


Le bilan est plutôt positif sur la question de la méthode mixte. Certes, ses détracteurs y voient une méthode chronophage, permettant à tous les élèves d’avoir le baccalauréat, ne préparant pas aux épreuves terminales et au parcours post-baccalauréat. Certains d’entre eux pointent également le manque d’équité qui en résulte entre les élèves des différents établissements scolaires et s’interrogent sur le caractère national du diplôme. D’autres encore déplorent la difficulté de valider toutes les compétences. Cette méthode ne permettrait pas aux élèves non plus de prendre conscience des enjeux de leur parcours de formation. Mais la grande majorité des enseignants y voient une méthode satisfaisante, équilibrée, qui fonctionne bien et qui est adaptée au type d’élèves de bac pro en leur laissant la possibilité de se préparer progressivement. Ils sont largement favorables à la poursuite de cette méthode mixte. Ceux qui déplorent la méthode mixte actuelle préconisent plutôt un système combinant des épreuves terminales et la prise en compte des notes du bulletin. Notons que d’autres propositions ont été faites mais que la seule prise en compte des épreuves terminales n’a été évoquée qu’une seule fois sur l’ensemble des réponses apportées.


Concernant  la périodicité de révision du référentiel du diplôme


La majorité des enseignants pensent qu’il est utile de le revisiter tous les cinq ans et ne sont pas favorables à son adaptation locale aux besoins des entreprises. Ceux qui y sont favorables le sont pour les débouchés qui sont offerts localement essentiellement dans les métiers de l’artisanat.