Lancement du Grenelle des professeurs

Publié le 01/10/2020

Le « Grenelle des professeurs » qu’a annoncé le ministre de l’Éducation nationale se précise. Nous devrions en connaître les modalités exactes au cours du mois d’octobre.

Une revalorisation nécessaire

Après le « Ségur de la santé », le « Grenelle des enseignants » ? « Comparaison n’est pas raison », ne serait-ce que parce que ce qui a provoqué le premier n’est pas de même nature que ce qui sous-tend le second. Si la revalorisation salariale est le facteur commun de ces deux initiatives, en revanche, le contexte dans lequel celles-ci s’inscrivent diffère. Elle s’imposait pratiquement au gouvernement pour les personnels de santé après le confinement. Elle s’imposait aussi dans l’Éducation mais cela, c’était avant, lorsque le projet de réforme des retraites risquait, sans elle, de saigner la pension des enseignants fonctionnaires. Ce projet n’est pas écarté mais il s’est éloigné. On ne peut en conclure que toute idée de revalorisation est « mort-née », mais l’urgence n’est plus du tout la même, ni la pression qui lui était liée.

400 millions pour 2021

Le ministre de l’Éducation nationale a toutefois promis à la sortie du confinement que la revalorisation des enseignants restait d’actualité au vu de leur engagement face à la crise. Mais, ses marges financières ne sont plus les mêmes. Il dispose, on le sait désormais, de 400 millions. Après ? Il en faudra encore beaucoup puisqu’une loi pluriannuelle est toujours annoncée. Or, celle-ci ne se déploiera pas sans moyens, c’est une certitude. Un cycle de concertations a redémarré pour l’enseignement public et il devrait en être de même prochainement pour l’enseignement privé. Le premier sujet porte sur l’emploi des premiers (espérons-le) 400 millions. Ceux-ci doivent-ils aller en priorité aux enseignants en début de carrière, comme semble le souhaiter le ministère ? Et cette somme peut-elle aussi servir à octroyer la prime d’équipement informatique que toutes les organisations syndicales réclament ? Le confinement a en effet fait apparaître des besoins nouveaux, mais qui ne sont pas du tout de l’ordre de la revalorisation salariale attendue, depuis des années, à juste titre. D’autres sujets seront examinés au cours de ces concertations, nous y reviendrons.

Ce que la Fep-CFDT mettra en avant

Pour une prime d’équipement informatique

Les enseignants travaillent souvent avec leur propre matériel informatique et cela depuis de nombreuses années. Nos enquêtes ont montré que certains d'entre eux ont dû s'équiper à leur frais pendant le confinement. La Fep-CFDT est donc favorable à une prime d'équipement mais le financement de celle-ci doit venir s'ajouter aux 400 millions budgétés pour l’année 2021.

Pour un plan pluriannuel de revalorisation

Cela avait été envisagé et chiffré au moment de la concertation sur la réforme des retraites. Mais un certain virus est passé par là... La promesse d'une revalorisation sur plusieurs années semble maintenue mais aucun montant ni aucune planification ne sont avancés. La Fep-CFDT exige de la visibilité dans cette concertation qui s'annonce. Cela passe par la construction d'un plan pluriannuel de revalorisation. Une revalorisation sans contreparties car elle n’est que justice ! Cela fait des années que les enseignants attendent cela.

Pour revaloriser en premier les débuts de carrière

Les études comparatives le montrent. ce sont les entrants dans le métier qui sont les plus mal rémunérés. Il faut rendre le métier plus attractif financièrement. La Fep-CFDT est donc favorable à ce que le plan pluriannuel de revalorisation concerne d'abord les débuts de carrière, avant de toucher ensuite, c’est essentiel, tous les enseignants.

Pour une augmentation des taux de promotions à la Hors-classe

Les contingents de promotions ne permettent pas actuellement d’assurer convenablement une carrière sur deux grades (classe normale et hors-classe). Pour la Fep-CFDT, l'effort en 2021 doit aussi porter sur les taux de promotions.

Les maîtres délégués ne doivent pas être oubliés

On le sait, l'écart de rémunération entre le privé et le public pour une même suppléance peut atteindre quelques centaines d’euros. Les grilles de salaires sont en effet différentes et très défavorables au privé sous contrat. Il vaut mieux être remplaçant dans un établissement public… Revaloriser les salaires des maîtres délégués du privé est une revendication de longue date pour la Fep-CFDT.